John Paul Jhureea a plaidé coupable, hier devant la Cour d’assises, à la charge de possession d’héroïne d’une valeur de Rs 7,6 millions avec circonstances aggravantes. La sentence maximale pour ce délit est de 60 ans mais ses avocats ont plaidé les circonstances atténuantes. Il devrait être fixé sur son sort cet après-midi.
Le procès contre John Paul Jhureea, 27 ans et résidant à Plaisance, Rose-Hill, a été bref hier après que celui-ci a décidé de plaider coupable. L’Anti-Drug and Smuggling Unit avait appréhendé le jeune homme dans une voiture sur le campus de l’Université de Maurice le 17 octobre 2008 alors qu’il prenait livraison d’un sachet en plastique contenant de la drogue. C’est un ressortissant ghanéen qui le suivait dans un taxi et celui-ci est allé donner le paquet à l’accusé qui était garé près de la cafétéria de l’UoM. Il a retenu les services de Mes Ashley Hurrunghee, Athon Murday et Robin Appaya.
L’inspecteur Valaydon, appelé à la barre par Mes Sanjeev Baungally et Anusha Rawoah, a soutenu qu’il était en patrouille avec un constable quand il a vu le taxi suivre une voiture que conduisait le prévenu. Il a vu un homme d’origine ghanéenne descendre du taxi et déposer quelque chose dans la voiture privée qui était stationné devant lui. Le chauffeur du taxi a fait demi-tour et le ressortissant africain est entré rapidement dans la voiture qui est partie tout de suite. L’accusé aurait pris le sac et l’a placé sur le siège avant de la voiture à côté de lui.
L’inspecteur de police s’est dépêché et a arrêté la voiture de l’accusé et a confisqué les clefs. John Paul Jhureea a été arrêté et le sac a été saisi. Il a été emmené dans les locaux de l’ADSU de Rose-Hill pour ensuite aller aux Head Quarters de la brigade des stupéfiants à Port-Louis. Celui qui a livré le paquet, Robert Mensah Kordze Dzitse, et un autre Ghanéen, Nana Anthony Osei, ont été arrêtés un peu plus tard en connexion avec cette même affaire. Il s’avère que celui qui a remis le paquet à l’accusé est un avocat exerçant en Afrique.
Me Hurrunghee : Avez-vous vu l’accusé regarder à l’intérieur du sac ?
Inspecteur Valaydon : Non.
Le Chef inspecteur Verdah de l’ADSU de Rose-Hill a consigné cinq statements de l’accusé et a lu ces déclarations hier devant le juge Marie Joseph. John Paul Jhureea a raconté aux policiers qu’il ne connaissait pas l’homme qui est venu lui parler en une langue qu’il ne comprenait pas. « Monn dir li ki mo pa enn sofer taxi mwa », devait-il dire aux policiers. Le Ghanéen a, selon lui, lancé le sac en plastique sur le siège avant et a déguerpi. « Apre enn misie inn vini inn dir mwa lapolis sa », devait-il confier au CI Verdah. Ce dernier a également confirmé avoir demandé au constable Rangasamy de prendre quelques photos relatives à l’enquête.
La drogue était cachée dans des produits de beauté et était sous forme de crème. Le poids de la drogue est de 756 grammes. Le rapport du Forensic Science Laboratory a expliqué que la drogue est d’une pureté de 18 % et est évaluée à quelque Rs 7,6 millions. John Paul Jhureea n’a pas d’antécédents criminels pour des délits de drogue mais en a un pour une affaire d’agression. Il a passé 97 jours en détention préventive et a ensuite obtenu la liberté conditionnelle.
Appelé à la barre des témoins, l’accusé a soutenu qu’il ne savait qu’il s’agissait de cette quantité de drogue et a souligné que « bann la inn servi mwa » et que « mo ti ankor zenn ». John Paul Jhureea a soutenu qu’il avait 22 ans à l’époque. Il a toutefois fait clairement ressortir que « mo pa enn trafikan ». La sentence devrait être prononcée cet après-midi.