Le parti de gauche estime que le gouvernement doit imposer des conditions aux compagnies ayant bénéficié du Wage Assistance Scheme

Rezistans ek Alternativ (ReA) a animé lundi une conférence de presse virtuelle sur le post-confinement. Les intervenants sont revenus sur l’octroi du Work Access Permit et le Wage Assistance Scheme. Le parti a énuméré trois conditions que le gouvernement devrait imposer à ceux ayant bénéficié de ce plan d’aide, soit : pas de licenciement, le gel des « dividendes » et la nomination d’un représentant des travailleurs aux conseils d’administration. De même, il réclame un protocole sanitaire élaboré par le ministre de la Santé pour la reprise du travail.

Pour Ashok Subron, la période de confinement a été en fait un « pseudo-confinement », puisque 25% de la « work force » était de service. Ce qui représente selon lui 100 000 employés du secteur privé. Il déplore aussi le fait que le commissaire de police, Mario Nobin, ait « distribué des Work Access Permits en tout genre ». Cette pandémie, dit encore Ashok Subron, « a permis de voir la tension entre deux éléments centraux » de notre société, soit « la vie contre les profits ». Il estime ainsi que ceux qui détiennent le pouvoir économique ont su mettre le gouvernement de leur côté. Or, dit-il, « l’argent public est destiné à la justice sociale ».

Dénonçant la décision du gouvernement de subventionner le salaire du privé, sans évaluer les moyens de l’entreprise, il avance que l’Etat doit maintenant imposer trois conditions aux bénéficiaires. Soit de prendre l’engagement qu’il n’y aura pas de licenciement dans l’entreprise, que les actions renoncent à leurs dividendes pour un certain temps, ainsi que la nomination d’un représentant des travailleurs aux conseils d’administration, « avec un droit de veto sur les conditions de travail et les licenciements ».

Se basant sur des statistiques officielles, Ashok Subron précise que les 50 premières compagnies de Maurice ont réalisé Rs 130 milliards en termes de dividendes pour la période 2015-2019. Il estime que ces compagnies ont Rs 60 Mds de réserves. Or, pour la même période, ces 50 compagnies ont payé Rs 8,7 Mds de taxes, soit « 6,75% de leurs dividendes déclarés ». Selon lui, la Mauritius Revenue Authority a tous ces chiffres et avait donc les moyens de déterminer qui nécessitait l’aide de l’Etat ou pas pour les salaires.

Le porte-parole de Rezistans ek Alternativ met également en garde contre les « tentatives de contourner la loi » pour licencier, sans passer par le Redundancy Board. En revanche, il plaide pour que le gouvernement soutienne les petites entreprises et les « self-employed », qu’il dit être au nombre de 200 000 dans le pays. « Il faut soutenir la vie, et non pas l’accumulation des profits. »

Pour sa part, Stefan Gua a insisté sur la nécessité d’un protocole sanitaire, élaboré par le ministre de la Santé, à être observé sur les sites de travail. « Tout comme il y a un protocole strict pour les supermarchés, sous la supervision d’un représentant de l’Etat, il y aurait dû avoir un protocole à être observé sur les sites de travail. Est-ce que le commissaire de police a pris cela en considération avant d’octroyer des Work Access Permits pendant le confinement ? Il est impossible que la reprise se fasse dans ces conditions et sans vérification des lieux par les ministères de la Santé et du Travail. »

De son côté, Michel Chiffonne a insisté sur la nécessité de se tourner vers un nouveau modèle économique, avec accès sur nos « trésors naturels » que sont la terre, la plage et l’océan. Il a plaidé pour un soutien aux petits planteurs « pour leur permettre de produire à manger » ainsi que la mise sur pied de fermes agri-solaires.