Deux semaines après son passage, Dumile laisse encore des traces. Des traces visibles non seulement sur l’autoroute, mais également en bordure des routes des faubourgs. En effet, outre les ordures encore accumulées dans certaines régions en raison de l’absence des services de voirie depuis le début d’année, il est à noter que de nombreux panneaux publicitaires n’ont pas résisté aux vents du cyclone. Et la destruction de ces panneaux, qui ont montré une fragilité déconcertante (tenant compte de la faible intensité de Dumile) démontre aujourd’hui le danger insoupçonnable jusque-là, que représente ces enseignes, installées à travers le pays, dont certaines sont illégales. A ce stade, les autorités envisagent, selon nos informations, de prendre des sanctions très sévères contre les publicitaires qui font fi des consignes. De source proche du gouvernement, on apprend également que la Road Development Authority (RDA) compte revoir urgemment les normes de sécurité relatives à l’installation de ces billboards ainsi que les permis octroyés.
Si les dégâts physiques causés par Dumile n’ont pas été lourds pour le pays, un inquiétant nombre de panneaux publicitaires ont été soit emportés par le vent ou se sont effondrés sur son passage. Par plusieurs endroits, le passage de ce cyclone permet ainsi de faire prendre conscience que les grands panneaux publicitaires au bord des routes présentent un vrai danger, principalement en période cyclonique. En effet, en raison de quelques fortes rafales de vent — quoique l’intensité n’a pas été aussi violente que celles des autres cyclones qui ont touché le pays — plusieurs panneaux publicitaires ont été arrachés, et des feuilles de tôles, éparpillées sur les routes. A certains endroits, outre la tôle, les rafales ont déformé les structures, aujourd’hui repliées sur elles-mêmes à plus de 45°. A Cassis, dans la soirée du 2 janvier, un panneau publicitaire s’est même effondré sur une maison endommageant sérieusement la toiture. Si aucun blessé n’est à déplorer, ce cas ne serait pas isolé selon nos informations.
Face à ces dégâts, plusieurs personnes montent au créneau pour déplorer le danger inimaginable jusque-là de ces panneaux publicitaires. « Vu l’endommagement causé à ces panneaux publicitaires par un cyclone d’une assez faible intensité, il y a de nombreuses interrogations à soulever concernant la capacité de résistance de ces structures. Existe-t-il des normes pour leur installation ? », se demandent les observateurs. Et de réclamer de mesures urgentes avant qu’un autre cyclone ne nous touche.
A la RDA, organisme sous lequel tombe la responsabilité d’allouer les permis pour l’installation de ces panneaux en bordure de certaines routes, on fait ressortir qu’après le passage de Dumile, un premier constat a déjà été établi. On recense sur l’ensemble de l’île, plus d’un milliers de panneaux publicitaires. Toutefois, nombre d’entre eux sont illégaux. Qui plus est, outre la RDA, responsable des permis le long des « classified roads », les municipalités et conseils de district peuvent également accorder un permis pour l’installation de ces panneaux sur les « unclassified roads ». Or, selon la RDA, certains individus, de leur propre gré, accordent aussi la permission aux publicitaires, d’installer des panneaux publicitaires dans leur cour. D’où le nombre d’enseignes illégales recensées.
90% des panneaux endommagés, illégalement installés
Pour toute installation d’un panneau publicitaire le long des classified roads », certaines conditions sont imposées par la RDA. On apprend ainsi qu’entre autres, les structures doivent « withstand a wind/cyclonic gust of 300KM/h » ; et être certifiées par un ingénieur professionnel ; disposer d’une assurance qui prend en charge les dégâts éventuels, et être installées sur une distance raisonnable par rapport à la bordure de la route, et agencer de manière à ne pas gêner la circulation. « Toute application faite doit satisfaire ces conditions avant que l’on n’accorde une Letter of Intent au demandeur », explique un préposé de la RDA. Ce dernier fait ressortir qu’après le passage de Dumile, il a été constaté que la plupart des structures endommagées relèvent des panneaux publicitaires illégalement installés le long des routes.
Si la majorité a été cabossée, une vingtaine de panneaux est tombée. Parmi, 90% sont illégaux, selon une source à la RDA. « En cas de conditions cycloniques, il y a des consignes de sécurité que les publicitaires doivent respecter. Dès l’alerte No2, les panneaux doivent être enlevés. La plupart des publicitaires ont fait le nécessaire dans le cas de Dumile », explique-t-elle. Les récalcitrants ont pu noter les dégâts. Des dégâts qui touchent principalement les enseignes illégales, précise notre source.
En début de semaine, les officiers de la RDA ont eu une rencontre avec le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Baichoo pour passer en revue la situation. Selon nos informations, suivant son constat, la RDA envisage des mesures sévères contre les publicitaires, à qui des permis ont été accordés et qui n’ont pas respecté les consignes. Depuis une semaine, l’organisme a fait parvenir de nouvelles directives aux publicitaires afin de leur rappeler les consignes à respecter en temps cyclonique. De source sûre au niveau du ministère, on apprend de même que l’organisme s’apprête à revoir la réglementation et proposer des normes plus restrictives pour l’implantation de ces panneaux afin qu’ils présentent une meilleure résistance aux intempéries. Quant aux panneaux illégalement installés, les autorités demandent aux propriétaires de terrains privés de faire preuve de responsabilité et de s’assurer que les enseignes qui sont aménagées dans leur cour ne présentent pas de danger pour autrui.