Lors d’une cérémonie de remise de bons d’achats hier après-midi aux victimes des inondations, le Premier ministre a insisté, à plusieurs reprises, sur la nécessité « de rétablir les faits » par rapport à ces événements tragiques, et ce sans parti pris. Mais il ne faut pas pour autant, dit-il, oublier l’élément de la nature de ce jour-là. Le Dr Ramgoolam a fustigé ceux qui émettent des opinions sans avoir toutes les données en main.
La nécessité de situer les responsabilités a été un des points forts du discours du Premier ministre hier après-midi. « Il est un fait que le pays a subi une catastrophe naturelle samedi dernier. Mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas rétablir les faits. Mo le situe responsabilite tou dimoun dan seki finn arive. Bizin gete si ti ena kitzoz ki ti kapav fer pli byen e avek plis efikasite. »
Navin Ramgoolam a souhaité que cet examen détaillé des faits, à tous les niveaux, se fasse de manière objective et sans esprit partisan. « Mo pa pou fer politik lor detress dimoun. Nou bizin fer analiz, bizin retablir bann fe korekteman san oken byas », a-t-il souligné tout en reconnaissant que rien ne pourra rendre la vie à ceux qui ont péri dans les eaux meurtrières. Dans le même souffle, il a aussi mentionné qu’une enquête judiciaire est en cours.
Le Premier ministre a indiqué que le gouvernement a sollicité l’expertise étrangère pour l’aider dans la mise en place d’une politique de gestion des catastrophes naturelles. Il a ajouté qu’une équipe d’experts de Singapour arrive à Maurice aujourd’hui à ce sujet et que ces derniers s’intéresseront à plusieurs aspects, dont la météo, les routes et les infrastructures.
Le chef du gouvernement a aussi réfuté hier après-midi les nombreuses critiques émanant de plusieurs côtés et concernant : la performance de la police et celle de la station météorologique ce jour-là, le ministère des Infrastructures publiques, les drains et le retard dans la mise en pratique des recommandations contenues dans le rapport Domah après les inondations de 2008. « Le gouvernement a enclenché les actions nécessaires immédiatement après le rapport du juge Domah. Nous avons dépensé Rs 2,5 milliards pour la construction de drains et de ponts. Des 156 endroits mentionnés dans le rapport comme étant des zones à risques, nous avons déjà effectué les travaux nécessaires dans 130 d’entre eux. Les autres endroits appartiennent à des particuliers et nous devons obtenir l’autorisation nécessaire », a dit le Premier ministre.
S’agissant du remplacement d’un radar, un équipement de haute importance pour le service météorologique – et qui suscite la polémique depuis les inondations –, le  chef du gouvernement a donné l’assurance qu’il y a déjà une dotation budgétaire pour cet équipement. Un accord avec un pays ami pour l’achat de cet équipement  sera bientôt signé. Le Dr Ramgoolam a défendu hier après-midi la performance des différentes unités de la police ainsi que le travail abattu par les sapeurs pompiers le week-end dernier pour venir en aide aux victimes. « Malgre tou se ki dimoun pe dir, zot finn travay kor-e-am, zot finn met zot lavi an danze pou sov lavi dimoun. Mo salue zot kouraz. »
Le Premier ministre dit aussi partager la douleur de ceux ayant perdu des êtres chers durant ces circonstances tragiques ainsi que celle de ceux dont les maisons et les commerces ont été sévèrement touchés. « Zot tou sel kone ki soufrans zot pe pase. » Et d’affirmer que le gouvernement a activé les procédures pour leur permettre de se relever des difficultés qu’ils traversent. Navin Ramgoolam s’est aussi attardé sur l’élan de solidarité exceptionnelle témoigné par l’ensemble de la population envers les victimes et qui a été déclinée de différentes manières.
Ces bon d’achats d’une valeur de Rs 100 000 remis hier à 88 victimes sont le fruit d’une initiative conjointe Gouvernement-Secteur privé et les produits concernés sont l’électroménager et le mobilier. À signaler que ces bons d’achats sont valables pour une période de trois mois. Cette cérémonie s’est déroulée en présence des donateurs et des représentants du secteur privé.