L’examen oral des internes, qui était sous la responsabilité de chaque hôpital régional, sera pris en charge à compter de ce mois par le Mauritius Institute of Health (MIH). Selon le ministère de la Santé, cette décision a été prise afin de garantir plus de « fairness » et de « transparency » et en vue de standardiser les évaluations orales.
Cet examen uniforme, confié à un seul organisme, éliminera les possibles risques d’inégalités qu’aurait pu générer l’ancienne formule. Ce qui n’empêche pas des médecins de carrière dans les hôpitaux d’avoir quelques réserves en évoquant un manque de « discussions approfondies » sur la mise en pratique du nouveau système. Pour leur part, des internes, se référant aux résultats désastreux du premier examen écrit post-internat en novembre dernier, craignent « un contenu au niveau trop élevé » dans cette prochaine évaluation nationale.
L’évaluation orale à l’intention des internes concerne cinq « major disciplines », à savoir la gynécologie, la pédiatrie, la chirurgie générale, l’orthopédie et la médecine interne. Jusqu’à l’an dernier, soit avant l’introduction des Doctors’ Registration Examinations (examens par écrit organisés par le Medical Council), les évaluations orales se déroulaient dans les hôpitaux régionaux, sous la supervision des Consultants (Head of Department) et à la fin du stage des internes dans chacun de ces départements concernés. La direction de chaque hôpital et les Chefs de Départements fixaient eux-mêmes la date de ces différents examens oraux et leur contenu, avec pour conséquence des différences d’un hôpital à l’autre.
Selon nos informations, le ministère de la Santé aurait reçu à plusieurs reprises dans le passé des doléances de la part des aspirants médecins sur la manière dont se déroulaient certaines évaluations. La nouvelle formule annoncée aux hôpitaux au début du mois de décembre dernier apporte un changement majeur. « The ministry has decided that in view of fairness, transparency and to standardize the assessments of Pre-registration House Officers, henceforth, same will he held at the Mauritius Institute of Healh », explique le ministère dans la lettre envoyée aux Regional Health Directors en leur demandant de transmettre l’information aux Consultants-in-Charge et aux Pre-Registration House Officers.
Le Dr Jagdis Chundur Mohitth, Directeur Exécutif de l’Institut de Santé de Maurice, se veut rassurant au sujet de cet examen oral commun que s’apprête à organiser son organisme : « Le contenu est le même et concernera comme d’habitude les cinq disciplines majeures. Nous allons avoir un examen uniforme et national au bout de l’internat au lieu de plusieurs évaluations internes aux hôpitaux. Tout le monde sera sur un pied d’égalité avec la nouvelle formule ». Et d’ajouter : « Nous serons objectifs autant que possible ». L’Institut de Santé de Maurice préparera une banque de questions pour cette première évaluation orale au niveau national avec la collaboration d’un panel composé de Consultants-in-Charge/Senior Consultants.
Le MIH sera intransigeant sur les critères pour prendre part à cette évaluation orale nationale. En effet, les Regional Health Directors doivent soumettre à cet organisme certains documents administratifs appropriés pour prouver que les aspirants médecins ont complété le stage d’internat comme prescrit dans la loi. Un comité analysera les documents relatifs à chaque aspirant médecin et fera savoir si les personnes concernées sont aptes à prendre part ou non à cet examen oral.
Dans les hôpitaux l’on décèle une pointe d’agacement parmi quelques médecins de carrière vis-à-vis de cette nouvelle formule. « Il n’y a pas eu de discussions approfondies sur la manière de mener cet examen national et c’est maintenant que le MIH va en discuter avec les Consultants. Encore une fois les autorités feront les choses à la va-vite comme ce fut le cas avec le premier examen écrit. On comprend le stress et les inquiétudes de ces jeunes qui ont terminé l’internat et qui ne savent pas ce qui les attend », réagit avec colère un spécialiste avec une trentaine d’expérience dans le service public.
Pour leur part, des aspirants médecins ont essayé en vain ces derniers jours d’avoir des informations auprès du Medical Council sur cet examen oral national qui est prévu pour la fin du mois de janvier. « Le Medical Council nous a dit qu’il n’est pas concerné par cet examen et nous a demandé de nous renseigner auprès du ministère de la Santé », dit l’un d’entre eux.