Rezistans ek Akternativ, qui a été crédité d’une moyenne de 4% de vote pour l’ensemble de ses candidats, avec Ashok Subron réalisant un 9% à Rivière-des-Anguilles/Souillac (N°13) aux législatives de mercredi dernier, ne compte pas baisser les bras dans la lutte visant à éliminer le communalisme en politique. Dans le sillage de la victoire de l’Alliance Lepep, les militants de ce parti politique, qui veut s’affirmer comme la troisième force à Maurice, restent sur leurs gardes vu le flou entretenu autour de la réforme électorale. Avec la cinglante défaite de l’Alliance PTr-MMM, les engagements formels en faveur des amendements à la Constitution en vue de remplacer les Temporary Provisions au sujet de la déclaration ethnique sont devenus caducs, poussant Rezistans ek Alternativ à être sur ses gardes à ce chapitre.
« Dans la conjoncture, il est clair que le combat de Rezistans ek Alternativ contre le communalisme en politique devient encore plus crucial. Quelle sera la prise de position du gouvernement de l’Alliance Lepep à ce sujet ? Nous nous interrogeons sur le projet de réforme du nouveau gouvernement », déclare Ashok Subron à la veille de l’installation du gouvernement dirigé par sir Anerood Jugnauth.
« Vu le caractère provisoire des Temporary Provisions, peut-on comprendre que Rezistans ek Alternativ sera interdit par l’Alliance Lepep à participer aux prochaines élections générales ? Quel sera le stand du nouveau gouvernement devant le Comité des Droits de l’Homme des Nations unies et en Cour suprême dans les Constitutional Cases ? Nous sommes en droit de nous poser des questions. Il est pertinent de souligner que le combat pour éliminer le communalisme dans le système politique prendra dorénavant une nouvelle dimension », poursuit l’animateur de Rezistans ek Alternativ, qui ajoute que la priorité de l’heure est de renforcer les structures en vue d’offrir une opposition alternative au gouvernement Jugnauth.
Toutefois, Rezistans ek Alternativ regrette l’occasion ratée par le PTr et le MMM, qui détenaient une majorité de trois quarts en vue d’éliminer le communalisme dans le système politique et de mettre en place la réforme électorale approfondissant la démocratie. « Zot finn torpiy posibilite enn reform elektoral. PTr ek MMM de par zot anprizonnman dan lozik kliantelism kominal finn refiz fer sa Reform-la, alor ki zot ti ena mazorite trwa-kar », ajoute Ashok Subron.
Il dénonce le fait que malgré l’engagement pris devant le Comité de Droits de l’Homme des Nations unies et la Cour suprême, à aucun moment le gouvernement sortant n’a publié une ébauche du projet de loi sur la réforme électorale. Il a mis à l’index le désir pouvoiriste de Navin Ramgoolam et de Paul Bérenger, élément qui a été sanctionné par l’électorat.
Commentant les résultats des élections générales, Ashok Subron retient deux leçons, à savoir le vote massif de colère contre l’Alliance PTr-MMM indistinctement autant dans les régions rurales qu’urbaines, et l’émergeance de Rezistans ek Alternativ en tant que troisième force politique. « Bizin osi soulinye ki bann parti politik de gos-alternativ (Rezistans ek Alternativ, EDP, Lalit) dan lansanb finn fer otour 6% vot o nivo nasyonal. Rezistans ek Alternativ an tet avek 4%, EDP 1% ek Lalit 1% », dit-il.
Rezistans ek Alternativ identifie cinq raisons derrière la cinglante défaite de l’Alliance PTr/MMM, soit :
— le rejet par la jeunesse des alliances On/Off de ces élections basées sur un partage des pouvoirs entre deux politiciens sous le couvert de la IIe République et le manque de respect des partis traditionnels à leur électorat ;
— les répercussions de la tension sociale avec la grève dans l’industrie sucrière et de menace d’action industrielle dans le transport exposant la proximité de l’Alliance PTr-MMM avec le secteur privé ;
—  la protestation de la population contre les inégalités sociales flagrantes ;
— une lame de fond qui a tout balayé sur son passage et reléguant au second plan toute considération communale et ;
— « li inportan soulinye ki se plito enn vot de reze kont lalyans Ptr-MMM ki nou finn asiste. Se pa enn vot daprobasion de Lalyans Lepep. »
En conclusion, Ashok Subron lance un appel à l’Alliance Lepep pour qu’elle honore les promesses formulées lors de la campagne dans les 30 prochains jours.