Depuis le verdict des National Sports Awards 2019, voici 11 jours, le président de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), Jean Marie Malepa, n’en revient pas de « la distinction » qui se fait entre les handisportifs et les sportifs dit valides.

En effet, il soutient ne pas comprendre la différence entre la valeur des cash prizes offerts à ces « deux types » de sportifs et le fait qu’aucun entraîneur dans le domaine du handisport ne soit nominé. Toutefois, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le budget alloué par le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), soit Rs 187 950 dans le cadre de la préparation de neuf handisportifs, en vue des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 (25 au 6 septembre).

Quatre athlètes de la MHPSF, ayant déjà obtenu leurs minima en vue des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, devaient prendre l’avion dimanche dernier pour le Maroc, afin d’accroître leurs chances de qualification. Si les athlètes se retrouvent parmi les dix meilleurs au classement international, ils seront assurés d’une qualification, selon Jean Marie Malepa. Cependant un gros problème s’est posé quand le MJS a offert la somme de Rs 187 950 qui devra être répartie entre les trois fédérations handisportives locales, pour neuf athlètes. Cela englobe tous déplacements et toutes préparations des athlètes. Aucune mention n’est faite quant aux entraîneurs ou aux guides dans certains cas. « Brigila Claire, qui est championne du monde et qui a toutes ses chances d’être parmi les dix premières au classement international, a manqué une occasion d’assurer sa place pour Tokyo. Déjà que pour les National Sports Awards, la most promising sportswoman a obtenu un cash prize avec un montant supérieur à Brigila Clair basé sur les Jeux des îles. Le titre mondial de Brigila Clair vaut donc Rs 25 000 pour les autorités concernées ? Je ne comprends pas la logique ni le message qu’on veut faire passer… », déplore Jean Marie Malepa. La demande pour le budget dans le cadre de la préparation des athlètes et des trois déplacements avait été envoyée au MJS un mois et demi avant cette première date butoir. Ce n’est que jeudi dernier que Jean Marie Malepa a pris connaissance de la lettre qui a été adressée au Mauritius Paralympic Committee (MPC).

Les deux autres déplacements pour les quatre athlètes de la MHPSF sont le Grand Prix de Dubaï et le Meeting international de Sharjah. Dans ces trois pays des stages et des compétitions étaient prévues afin de bien aguerrir les athlètes avant l’échéance en septembre prochain. La MHPSF avait opté pour le Maroc étant donné qu’il y avait la possibilité d’obtenir un rabais sur certains frais, soit 500 euros au lieu de 800 euros par personne. La MHPSF a bien voulu rencontrer le ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint, afin de tirer cette situation au clair mais jusqu’à présent ils n’ont eu aucun retour dans ce sens. « Nous avons une vision et nous voulons progresser. C’est une discrimination. Pour les Jeux des îles de l’Océan Indien nous avons tout reçu car les handisportifs étaient un grand gain pour Maurice concernant le nombre de médailles. Denovan Rabaye et les deux Rodriguais Brigilla Clair et Eddy Capdor ont déjà leurs minima, nous ne venons pas mendier, ces athlètes ont fait leurs efforts. C’est vraiment une grosse déception, tout comme cela a été pour la non-nomination des entraîneurs qui exercent dans le domaine du handisport. Je trouve que c’est trop ! », s’exclame Jean Marie Malepa. Ce dernier ajoute que les athlètes veulent créer l’histoire tout comme les fédérations handisportives à travers une qualification dûment obtenue.