Sandip Moneea, arrêté le 11 janvier 2011 dans le cadre du meurtre de l’Irlandaise Michaela Harte-McAreavey puis innocenté par un jury, réclame Rs 80 millions de dommages et intérêts. Il poursuit au civil l’État, le Commissaire de police et trois hauts gradés de la Major Crimes Investigation Team.
Il y a à peine deux semaines, Avinash Treebhoowoon a, par l’entremise de ses hommes de loi, envoyé une mise en demeure à l’État et plusieurs autres parties réclamant Rs 75 millions. Et ce, pour « faute » de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) dans la façon d’entreprendre l’enquête. Cette fois, c’est au tour de Sandip Moneea de poursuivre l’État, le Commissaire de police et certains membres de la MCIT. Celui qui a été le supérieur hiérarchique d’Avinash Treebhoowoon à l’ex-hôtel Legends a demandé Rs 80 millions.
Sandip Moneea a retenu les services des Mes Kaviraj Bokhoree (avoué) et Rama Valayden. Ils ont soutenu que leur client n’a jamais fait l’objet de plaintes s’agissant de son travail par le Management de l’hôtel et a un casier judiciaire vierge. Les membres de la MCIT qui sont poursuivis sont : l’ancien Assistant Commissionner of Police (ACP) Soopun (ancien responsable de la MCIT), le Chef inspecteur (CI) Gérard, et l’inspecteur Jokhoo.
L’Irlandaise Michaela Hart-McAreavey et son époux John McAreavey étaient en lune de miel à Maurice. Leur vie de couple a été de courte durée, la jeune femme ayant été assassinée dans la chambre 1025 de l’ex-hôtel Legends le 10 janvier. Son corps inanimé avait été retrouvé dans la baignoire de sa chambre. La police a privilégié la thèse d’un vol qui aurait mal tourné. Le demandeur a été arrêté par les éléments de la MCIT le 11 janvier dans le cadre de l’enquête.
Sandip Moneea a dû passer 18 mois en détention préventive n’ayant pas bénéficié de la liberté conditionnelle malgré les motions formulées par son avocat. L’ancien superviseur du Legends a été libéré le 12 juillet après un procès aux Assises de plus de sept semaines (l’un des plus longs dans l’histoire des Assises à Maurice). Le jury a unanimement trouvé Sandip Moneea et Avinash Treebhoowoon non coupable.
Selon la plainte logée en Cour suprême, la MCIT aurait fait preuve, dès le début de l’enquête, d’un amateurisme sans égal. Il aurait commis plusieurs irrégularités qui ont été mises en lumière durant le procès. Il est, de l’avis des conseils légaux de Sandip Moneea, qu’il s’agit là d’une faute grave car « un innocent a été mis derrière les barreaux pendant 18 mois et son image a été salie sur le plan international ». Selon les hommes de loi, leur client a également perdu son emploi en tant que Floor Supervisor et reste sans emploi depuis son acquittement.
Rappelons que cette affaire avait fait la Une de plusieurs journaux sur le plan local et international. La victime était très populaire dans son pays. Elle était la fille unique de Mickey Harte, entraîneur de football gaélique (sport irlandais) de l’équipe Tyrone.