Alors que les surfaces cultivées à Maurice rapetissent comme une peau de chagrin, que les agriculteurs font face à de nombreux problèmes de manque de main-d’oeuvre, de coûts élevés de production et de marges de profits réduites, que les consommateurs ne cessent de payer leurs légumes de plus en plus cher, des initiatives personnelles prises dans des arrières cours commencent à porter leurs fruits. À Barkly et Chebel, par exemple, un bel élan de solidarité pour la production maraîchère à l’échelle familiale a pris son envol, suscitant l’engouement parmi les jeunes participants et leurs familles.
Les meilleures idées, dit-on, ne sont pas toujours celles qui sont nouvelles mais celles qui sont les plus simples à réaliser. “Retour à la terre” ou planter pour manger en est une. Initié par la K-Force Foundation, un Trust familial créé par le député MMM Kee Chong Li Kwong Wing, en étroite collaboration avec le Mouvement pour l’Autosuffisance Alimentaire (MAM), ce “Household Food Security Project” a fait ses premières récoltes il y a quinze jours. Basé tout simplement sur le concept de la réduction des risques d’insécurité alimentaire par la production à l’échelle domestique, « ce projet ambitionne d’amener des jeunes à prendre conscience de la valeur première, soit nourricière de la terre et de son potentiel à rendre l’homme autosuffisant en matière d’alimentation et, si possible, économiquement indépendant », indique Éric Mangar, directeur du MAM. Les familles bénéficiaires sont celles qu’ont aidé à identifier diverses institutions (le MAM, la paroisse locale, l’école, entre autres) et considérées comme étant les plus vulnérables à la hausse des prix de la nourriture et les plus exposées aux risques d’une soudaine perte de leurs revenus et de l’accès à la nourriture, et par là même aux maladies non transmissibles. Toutefois, le véritable défi était d’éveiller une perception positive du travail de la terre chez pas moins de 100 jeunes de neuf ans à monter et ayant de surcroît grandi dans la culture urbaine. Une distribution de bacs à planter, de kits agricoles comprenant pelle, pioche, râteau et arrosoir, ainsi que du compost et des semences est organisée. Des équipes sont mises en place, encadrées par des accompagnateurs, principalement des responsables de l’Action catholique pour l’Enfance (ACE) ou des animateurs de forces vives de la localité. Toutefois les adolescents ne proviennent pas que des rangs de l’ACE car le projet est ouvert à tous, indistinctement de l’appartenance socioreligieuse.