Des habitants de Poudre-d’Or, surtout ceux habitant le long de la côte où se trouve le monument Paul et Virginie, ne peuvent plus respirer l’air frais de la mer. La cause : les mangliers, plantés il y a quelques années à cet endroit, bloquent la circulation de l’air. Sans oublier l’odeur nauséabonde qui s’y dégage. À cet endroit, ordures et vieux pneus s’entassent attirant moustiques, rats, chiens et même corbeaux. Il serait aussi devenu un repaire de vagabonds.
Ces mangliers qui poussent rapidement couvrent déjà un espace d’une centaine de mètres. Les habitants n’en peuvent plus. « Mes enfants n’arrivent plus à dormir le soir ni à jouer dans la cour durant la journée. Il y a trop de moustiques. Le soir, des rats entrent dans la maison et mordent leurs pieds », déclare une mère habitant Poudre-d’Or en montrant les blessures et les traces de piqûres de moustiques de l’un d’entre eux.
Une dizaine de familles y sont concernées et toutes se disent agacées par cette situation qui dure depuis plusieurs mois. La situation s’est aggravée, selon elles, à cause de la chaleur de l’été, mais aussi des grosses pluies qui se sont abattues récemment sur le pays. « Nek zot plante zot ale. Zot pa revinn gete ou entrenir li. Nou ki pas mizer isi. Ou kapav kwar, enn zour monn trouv enn dimoun pe louk mwa depi dan sa bann manglye la », déclare une autre habitante.
La loi les empêche d’ailleurs de toucher à ces arbres, ni même de les élaguer. Un habitant raconte avoir voulu le faire il y a quelque temps mais des membres du National Coast Guard l’en ont empêché. Il a fait appel au conseil des districts du Nord qui a dépêché ses officiers. Finalement, on lui a expliqué que c’est un problème environnemental et sanitaire avant de référer le cas au ministère de la Santé. « Des employés de ce département sanitaire sont venus et ont répandu des insecticides ça et là et ils sont partis. Puis rien. Nous continuons à vivre avec des moustiques, des rats, des corbeaux et cette odeur nauséabonde. Nous ne demandons pas qu’ils soient abattus mais élagués », dit-il.
Au ministère de la Pêche, responsable de la plantation des mangliers sur les côtes de l’île, l’on soutient que des officiers seront dépêchés sur place pour constater la situation. « Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour eux mais nous savons tous que nous n’avons pas le droit d’abattre ces arbres. Il faut, peut-être nettoyer cet endroit », a déclaré un officier.