Cette semaine a lieu à Bhopal en Inde, une conférence internationale de trois jours sur l’hindi, dont l’objectif consiste à promouvoir cette langue indienne au niveau mondial. Des délégués issus de 27 pays ainsi que des érudits indiens y participent. Maurice sera représentée par la ministre de l’Education, de l’Education tertiaire et de la recherche scientifique, Leela Devi Dookun-Luchoomun, qui dirigera une importante délégation à cet événement. Les géants de l’Internet que sont Google et iPhone, entre autres entreprises technologiques, sont aussi présents pour évoquer leurs efforts dans la promotion de l’hindi. Pour sa part, l’acteur indien Amitabh Bachchan, qui aura été une inspiration pour la promotion de la langue hindi à travers le cinéma, interviendra sur le thème : « Aao Achhi Hindi bolein (Parlons l’hindi correctement). »
L’hindi est une langue parlée par environ 55 % de la population de l’Inde et comprise par entre 85 et 90 % d’Indiens, même si elle n’est pas leur langue maternelle. On estime à 1,5 million, les membres de la diaspora indienne qui parlent cette langue. En Grande Bretagne, certains politiciens ont recours à l’hindi pour attirer les électeurs. Il s’agit d’un « bank-vote », comme on le dit, et tous les partis politiques britanniques puisent dedans. Il en est de même à Maurice.
Le web en Inde est dominé, pour l’instant, par la langue anglaise. Ce qui est logique sachant que la majorité des sites web dans le monde sont en anglais. Mais la situation évolue avec de plus en plus de contenus web en langues indiennes, grâce à la croissance des smartphones. À mesure que les prix de ces appareils baissent et que l’internet mobile devient plus accessible tant dans les villes que dans les régions rurales en Inde, la demande pour des contenus autres qu’en anglais augmente elle aussi. C’est le plus grand changement qui a pu se produire durant les cinq dernières années. Cependant, alors que Google a lancé un « homepage » en hindi en 2009 et soutient maintenant également le gujarati, le tamil, le marathi et le bengali, seuls quelques-uns de ces sites se trouvent parmi les 100 sites les plus visités en Inde.
Selon le rapport « Languages for the Future » publié par le British Council à Londres en 2013, l’hindi est parlée par environ 260 millions de personnes, le mandarin par 848 millions, l’espagnol (406 millions) et l’anglais, 335 millions. Ce qui fait de l’hindi la 4e langue parlée dans le monde.
L’Inde, berceau de la langue hindi, essaye, depuis quelque temps déjà, de faire reconnaître cette langue comme une des langues officielles des Nations unies (ONU), aux côtes de l’arabe, le mandarin, l’anglais, le français, le russe et l’espagnol. Ce pays a besoin de 129 votes en sa faveur à l’assemblée générale de l’ONU pour réussir. Celui de l’Île Maurice lui est déjà acquis. La popularité d’une langue est liée à la puissance financière d’un pays ; l’importance de l’hindi ira en augmentant à mesure que l’Inde progresse rapidement vers la prospérité économique. Ce sont autant d’éléments qui plaident en faveur de I’hindi comme une des langues officielles de l’ONU. Pourquoi pas ?