Power of Coconut Creations est une micro-entreprise locale spécialisée dans la fabrication d’huile de coco ainsi que dans la transformation de la noix de coco en divers objets décoratifs. Sise à Floréal, cette entreprise appartient à Preety Usha-Devi Khedun, qui est devenue femme entrepreneure en 2018. Jeune, ambitieuse et créative, elle sait manipuler la coque de la noix de coco pour la transformer en de petits objets servant à embellir l’intérieur. Elle est aussi connue pour son huile de coco bio, qui possède plusieurs bienfaits.

Ce n’est que l’année dernière que Preety Khedun, âgée de 35 ans, a choisi d’embrasser une carrière de femme entrepreneure. Ayant abandonné les études après la Form V, elle se voit forcée de prendre de l’emploi comme aide-chauffeur dans un transport scolaire. Puis elle décroche un emploi à la Tenfa Marketing Ltd. Plus tard, elle prend de l’emploi dans une bijouterie de “duty free”. « Depuis toujours, j’ai voulu devenir femme entrepreneure mais les idées et les moyens me manquaient. Mais, en 2017, les circonstances m’ont poussée à me lancer dans le domaine. Je constatais le nombre de licenciements dans les compagnies et la situation m’effrayait. Enfin, en 2017, lasse de travailler pour le compte des autres, j’ai décidé de tout abandonner et de faire une petite réflexion sur mon avenir », nous dit Preety.

La jeune femme a pris plusieurs jours pour réfléchir sur ce qu’elle voulait faire. Finalement, elle décide de travailler à son propre compte. Elle commence alors à fabriquer de petits bougeoirs en verre. « C’était en décembre 2017. Cette idée est sortie de nulle part. Je ne sais pas comment j’ai commencé à fabriquer des bougeoirs. Je n’avais d’ailleurs ni de connaissance ni de formation dans le domaine. Je ne faisais que mettre en pratique mes idées. Je suis en général une personne très créative et ne suis pas du genre à rester oisive. Je suis toujours en train de manipuler des choses. C’est cette qualité qui m’a permis de devenir femme entrepreneure », souligne Preety.

Parallèlement, elle commence à faire des objets décoratifs à base de noix de coco. « L’inspiration vient de ma mère. Elle avait appris à fabriquer des objets décoratifs à partir de la coque de coco dans un centre de formation de la localité. Toutefois, cela ne m’a jamais intéressée. Mais j’avais besoin de quelques objets à présenter au National Women Entrepreneur Council (NWEC), où je devais m’inscrire comme femme entrepreneure. Donc, j’en ai fabriqué quelques-uns. Les responsables du NWEC ont fait preuve d’appréciation pour ce que j’ai produit. C’est alors que j’ai pris la décision de me spécialiser dans le domaine », relate notre interlocutrice.

Cette nouvelle aventure a débuté en janvier 2018. Preety raconte que ses camarades femmes entrepreneures l’ont grandement encouragée à aller de l’avant avec les objets à base de coco. « Quand elles sont allées dans les hôtels, elles ont pris des photos des objets faits à partir de la coque de coco et me les ont montrées afin que j’aie une idée des objets prisés par les touristes. Puis j’ai commencé à fabriquer mes propres objets. Aujourd’hui, j’en fabrique une large variété dont de petites pirogues ou petits bateaux décoratifs, des boîtes à bijoux, des cendriers, des portes bougies, des cuillères, les porte-savons, les salières et les porte-clés », dit-elle.

Preety s’acquiert de ses cocos de Surat. Pour travailler, elle utilise l’atelier de son frère menuisier. Pour commencer, elle nettoie les cocos et fait ensuite un petit trou pour dévider l’eau. La coque est soigneusement coupée afin qu’elle ne soit pas abîmée. Puis, à l’aide d’un couteau, Preety enlève la chair. « Nous consommons l’eau. Quant à la chair, je la préserve pour produire l’huile de coco. Les bagasses sont utilisées pour faire du compost. Puis, les coques de coco passent à l’étape de ponçage, qui doit être fait aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le ponçage aide à rendre la coque parfaitement lisse. À partir de là, j’ai deux options. Soit je laisse la coque dans son état initial soit je la couvre de vernis. Je peux aussi dessiner sur la coque pour l’embellir davantage », indique Preety. 

Pour ce qui est de la chair, Preety la transforme en huile de coco bio. « Je n’avais aucune connaissance dans la préparation de l’huile de coco. Je suis allée à la rencontre d’une amie qui le faisait déjà. Elle m’a expliqué les étapes. Mais mes deux premiers essais étaient un fiasco. Je suis alors allée sur YouTube pour apprendre à en préparer et j’ai réussi », souligne-t-elle. Preety en a fabriqué deux types : l’huile de coco pure et l’huile de coco à base d’aloe vera. Elle envisage d’ailleurs de produire un troisième type : l’huile de coco avec l’aloe vera et le citron.

« Quand j’ai fabriqué l’huile pour la première fois, j’ai d’abord testé sur ma propre peau. Ce produit bio et 100% naturel a plusieurs bienfaits. Toutefois, au début, j’ai rencontré des difficultés à faire connaître et accepter le produit. Quand on parle d’huile de coco, les gens pensent à cette odeur désagréable de l’huile de coco vendue dans les bouteilles dans les boutiques. Mais la mienne dégage un parfum agréable, celui du coco grillé », fait-elle ressortir.

Preety avait pour la première fois fait connaître son produit à une foire organisée en 2018 au Plaza, à Rose-Hill. Depuis, elle a acquis une clientèle fidèle. De plus, elle participe à une exhibition au Club Med tous les lundis pour attirer des touristes. « Ces derniers ne sont pas seulement attirés par les objets décoratifs fabriqués à partir de la coque de coco mais par l’huile de coco également. Je suis femme entrepreneure depuis moins de deux ans seulement, mais mes produits ont déjà fait le tour du pays. Ils sont même très prisés à l’étranger. Bientôt, je participerai à une foire à Shoprite, où je compte promouvoir davantage mes produits. Je dois préciser que l’huile de coco peut être préservée pendant un an alors que les objets décoratifs restent à long terme. Ils résistent à l’eau, à la chaleur et à toutes les conditions climatiques », soutient-elle.

L’huile de coco peut être aussi utilisée comme déshydratante, l’huile pour massage, pour se débarrasser des pellicules et empêcher la chute des cheveux, faire disparaître les marques de grossesses, réparer le talon craqué, soulager l’eczéma, réduire l’acné et les taches noires sur le visage, entre autres. En hiver, elle peut être ajoutée au lait de safran pour combattre la grippe.

Comme projets d’avenir, Preety avance qu’elle rêve d’ouvrir un magasin dans lequel elle pourra exposer et vendre tous ses produits. « Je viens de commencer et donc, pour le moment, je souhaite me consacrer à la promotion de mon entreprise. Toutefois, à l’avenir, j’espère pouvoir ouvrir un magasin où les clients pourront venir acheter mes produits », dit-elle.