À quatre jours de la présentation du budget vendredi, la tension monte actuellement au ministère des Finances, où le Grand argentier Xavier-Luc Duval, ainsi que les techniciens du ministère des Finances, ayant travaillé pendant tout le week-end, s’apprêtent à conserver le même rythme jusqu’à vendredi. Avec le retour du Premier ministre Navin Ramgoolam aujourd’hui, on s’attend à ce que les réunions de travail entre lui et le ministre des Finances se multiplient pour mettre la dernière main à l’exercice budgétaire, qui s’annonce difficile. « Une augmentation des mesures fiscales est inévitable », a laissé entendre Xavier-Luc Duval au Mauricien.
Dans les milieux du ministère des Finances ce matin, on faisait clairement comprendre qu’un bon budget, dans le contexte actuel, n’est pas celui qui distribue des cadeaux à tour de bras et qui “faire labous dou”. « Soit on agit comme l’ont fait les Grecs qui sont forcés aujourd’hui d’appliquer des mesures d’austérité extrêmement sévères, soit on le fait en relançant la croissance afin d’éviter toutes mesures d’austérité dans les années à venir », fait-on comprendre.
Or, la relance de la croissance passe par des investissements locaux et étrangers. Ce qui amène nos interlocuteurs à insister sur l’importance de l’amélioration du business climate, de la relance des petites et moyennes entreprises, en s’inspirant des pratiques en cours en Inde, et de faire preuve d’efficacité aussi dans le secteur public, avec le performance-based budgeting dans le secteur privé. « C’est la croissance qui permet la création d’emplois, l’augmentation des investissements et l’amélioration de la productivité tout en revalorisant les ressources humaines », fait-on ressortir.
Par ailleurs, la dette et le déficit du budget courant commencent à prendre une voie dangereuse qui risque d’échapper au contrôle des décideurs économiques. « Il s’agit donc d’introduire des mesures équilibrées afin de maintenir une stabilité économique, de renverser les pertes de recettes découlant de la situation économique mondiale, d’investir dans l’avenir aussi bien dans le secteur public que privé et chercher des gains de productivité. »
Sur le plan international la situation est difficile. « Le FMI pr?voit une croissance de 1 %. Entre une croissance de 1 % et une baisse de croissance de 1 %, il n’y a aucune diff?rence. Une telle situation a un effet direct sur les mood des consommateurs europ?ens. Cela a un effet direct sur la demande en biens et services, notamment quant au textile et au tourisme qui nous concernent en particulier. De plus lorsqu’on a le volume, on n’a pas le prix. »