La Journée mondiale de l’Ostéoporose a été observée jeudi. L’occasion de rappeler les causes de cette maladie, les signes qui mettent sur la piste mais surtout les moyens de la prévenir. Décrite comme une « maladie silencieuse », l’ostéoporose s’accompagne en effet de peu de manifestations dans la majorité des cas, la personne n’éprouvant aucune douleur ni gêne dans la vie quotidienne. Le problème se découvre souvent à la suite de fractures.
L’ostéoporose est une maladie caractérisée par une fragilité excessive du squelette suite à une diminution de la masse osseuse. La résistance des os diminue, exposant les personnes touchées au risque de fracture. À Maurice, d’après une étude faite entre 2004 et 2009 par TNS Analysis et Anlene Bone Health Check Program, deux femmes sur cinq, soit 40 %, sont susceptibles de souffrir de l’ostéoporose contre 33 % des femmes à l’échelle mondiale. Quant aux hommes mauriciens à risque, ils représentent, selon cette étude, 33 %.
Parmi les facteurs de risque, on retrouve une carence en vitamine D et en calcium, d’où l’importance d’en assurer un apport suffisant dès le jeune âge, durant la période de constitution de la masse osseuse. Le calcium participe à la construction et au maintien de la masse osseuse. Il est naturellement présent dans le lait et les produits laitiers. Selon l’Institut français de Prévention et d’éducation pour la Santé, afin d’assurer un apport journalier suffisant en calcium, il importe de consommer au minimum trois rations de produits laitiers par jour, environ un à chaque repas, sous la forme de lait, fromage ou yaourt. Un verre de lait correspond à un yaourt de 125 grammes ou à 20 grammes de fromage. Il n’est pas conseillé de prendre des compléments alimentaires contenant du calcium sauf sur prescription médicale, lorsque votre médecin relève une carence.
La vitamine D est tout aussi importante que le calcium. Elle permet une bonne assimilation par l’organisme du calcium provenant des aliments et aide à sa fixation sur l’os. La vitamine D est synthétisée principalement par le corps grâce à l’action du soleil sur la peau. Une quinzaine de minutes d’exposition au soleil – même à travers une vitre – par jour suffit à compléter le besoin quotidien. Autrement, on peut la trouver dans les poissons gras, le saumon, le foie, les oeufs et dans les produits laitiers.
Après la ménopause, les oestrogènes, qui aident au maintien de la masse osseuse, diminuent, ce qui explique pourquoi les femmes de plus de 60 ans sont plus à risque. Durant les dix années suivant le début de la ménopause, il est estimé que la perte osseuse s’accélère de 2 à 3 % chaque année. Ensuite, la perte se stabilise à environ 1 % par an. Les femmes ayant fait une ménopause précoce sont davantage sujettes à cette maladie. Si la perte est moins rapide chez les hommes, leur risque d’être affecté par ce problème est plus élevé à partir de 65 ans. Ils sont alors plus exposés au risque de fracture.
Douleurs vertébrales
Si la maladie n’entraîne que peu de symptômes, certains signes peuvent malgré tout mettre sur la piste : une perte de taille de 3 cm environ, une fracture, par exemple du poignet, à partir de la cinquantaine, sans qu’il y ait eu un choc violent, une déformation de la colonne vertébrale qui provoque une torsion du rachis et une déformation du thorax. La colonne vertébrale peut être courbée donnant un dos rond. Par ailleurs, la personne peut ressentir des douleurs vertébrales violentes. Si de tels signes se présentent, il faut consulter son médecin qui effectuera une ostéodensitométrie, un examen permettant de faire un diagnostic précoce de l’ostéoporose et d’évaluer la quantité d’os déminéralisé.
Parmi les préventions et les traitements non-médicamenteux de l’ostéoporose, l’activité physique, qui permet de préserver la masse osseuse, est très recommandée de même que le sevrage tabagique, la diminution de la consommation d’alcool et la maîtrise du poids. L’inactivité physique est en effet un facteur de risque majeur de la maladie. L’activité physique chez l’enfant et l’adolescent est capitale dans l’établissement du pic de masse osseuse. Mais, quel que soit l’âge, il est conseillé de bouger. Il est recommandé de faire trente minutes de marche par jour. L’exercice ralentit la diminution du capital osseux chez la femme ménopausée. Et, les bénéfices restent même lorsqu’elle arrête l’activité.
Chez la personne âgée, l’activité physique permet en outre d’entretenir la force musculaire et l’équilibre, réduisant ainsi le risque de chute et de fracture.
Quant au tabagisme et l’alcool, ils favorisent la perte osseuse. En diminuant la cigarette et l’alcool, on diminue aussi le risque d’ostéoporose. Il est par ailleurs important de maintenir un poids normal car un faible indice de masse corporelle constitue un facteur de risque.
Les personnes vivant avec la maladie sont appelées à suivre un régime riche en lactose en vue de maintenir un capital osseux qui aidera à éviter une fracture. Il est conseillé de consommer beaucoup de produits laitiers – lait, fromage, yaourt et d’autres aliments riches en calcium tels le brocoli, le chou, le saumon, les sardines, les amandes et les oranges.
Éviter par contre le sel qui augmente l’élimination rénale du calcium. Plus d’un grand bol de café est aussi déconseillée, la caféine diminuant l’absorption du calcium par les os. Le thé serait en revanche bénéfique pour la densité minérale osseuse.