Statistics Mauritius prévoit un taux de croissance d’environ 4 % pour 2012, légèrement inférieur à celui de 2011 (4,1 %), s’attendant à une reprise de la croissance dans le secteur sucrier (4,4 % contre seulement 0,6 % cette année) alors que le secteur de la construction qui s’est contracté (-1,8 % en 2011) devrait rebondir pour réaliser un taux estimé à 3,5 %. Par ailleurs, le secteur textile et de l’habillement, qui a réalisé une performance appréciable cette année (+8,3 %), stagnera l’année prochaine, selon Statistics Mauritius.
Rendant publiques ce matin ses prévisions concernant l’évolution de l’économie mauricienne en 2012, Statistics Mauritius établit à 4 % le taux de croissance en se basant sur la tendance dans les secteurs clés de l’économie, l’impact des mesures contenues dans le budget 2012 et la situation prévalant dans nos principaux marchés. Les “main assumptions” utilisées par Statistics Mauritius pour arriver à un taux d’environ 4 % sont les suivantes :
1) Une production sucrière de 450 000 tonnes (sucres raffinés et spéciaux confondus), résultant en une croissance de 4,4 % du secteur après une croissance de 0,6 % en 2011 ;
2) Industries manufacturières : expansion au taux de 1,5 % comparativement à 3,5 % en 2011 ; cependant, les sous-secteurs vont enregistrer des performances en dents de scie : l’activité usinière dans le secteur sucre va croître de 4,4 % comparativement à 1,6 % en 2011, croissance de l’ordre de 2 % du secteur alimentaire contre 0,7 % cette année, stagnation pour le secteur textile alors que les activités des entreprises orientées vers l’exportation vont croître à 0,5 % par rapport à 7,8 % en 2011 ;
3) Construction : croissance prévue de 3,5 % après un repli de 1,8 % en 2011 « driven by public sector investment », notamment dans l’infrastructure routière, le logement pour les économiquement faibles, l’aéroport et les bâtiments publics ;
4) Tourisme : croissance de l’ordre de 3 % basée sur des arrivées d’un peu plus d’un million de visiteurs contre 980 000 en 2011 ; les revenus touristiques seraient de l’ordre de Rs 44,5 milliards, soit Rs 2 milliards de plus que cette année ;
5) Transport/stockage/communications : prévision de croissance de 5,5 % comme en 2011 ;
6) Intermédiation financière : taux de croissance plus faible qu’en 2011, soit 4,7 % contre 5,5 % ;
g) Business activities : progression de 8,8 % qui n’est pas trop loin de celle de 2011 (9 %).
Par ailleurs, Statistics Mauritius confirme pour l’année qui se termine un taux de croissance économique de 4,1 %. Excluant le sucre, le taux se monterait à 4,2 % par rapport à 4,4 % en 2010. Le secteur sucre s’est bien repris cette année (+0,6 %) lorsqu’on compare sa performance à celle de 2010 (-6,4 %), cela en dépit d’une production réduite.
Concernant le secteur manufacturier, comme souligné plus haut, le textile/habillement s’est fait remarquer avec une croissance de 8,3 % précédant largement l’agro-industrie (0,7 %) alors que les autres entreprises tournées vers l’exportation terminent l’année avec un taux de croissance de 7,8 %, mieux que les 6,5 % de 2010. Le secteur touristique progresse au taux de 4 % (contre 6 % en 2010) sur la base de 980 000 arrivées et les revenus totaux sont estimés à Rs 42,5 milliards par rapport à Rs 39,4 milliards l’année dernière. Le secteur de l’intermédiation financière réalise également une meilleure performance : 5,5 % contre 4,3 % en 2010. Par contre, le secteur de la construction subit une contraction de 1,8 % après une croissance de 4,3 % en 2010.
Pour ce qui est de l’investissement, Statistics Mauritius note une situation stagnante cette année après un repli de 0,7 % en 2010. Même en excluant l’achat d’avion et de bateau, on arrive à une croissance zéro après une progression de 3,7 % l’année dernière. Les données officielles indiquent une baisse de 0,5 % de l’investissement privé, cela après une stagnation en 2010. L’investissement du secteur public a connu une très légère remontée (+0,6 %) après une contraction de 2,8 % en 2010. On observe également que la part de l’investissement privé dans l’investissement total a subi une baisse, passant de 75,5 % à 75,2 % alors que celle de l’investissement public a grimpé de 24,5 % à 24,8 %.