Le nouveau Fisheries Partnership Agreement entre Maurice et l’Union européenne sera signé cet après-midi. Or, le Syndicat des pêcheurs, soutenu par la General Workers Federation, la Federation of Progressive Union et le Professional Seafarers Union a hier réclamé la publication des termes de cet accord avant la cérémonie de signature. Devant la tournure des événements, les syndicalistes envisagent de manifester devant les locaux du ministère de la Pêche aujourd’hui.
« Ce qui se passe est très grave. Notre voix n’est pas prise en considération. Un accord sera signé dans le dos des pêcheurs et nous ne savons même pas quelles seront ses répercussions sur notre activité. » C’est la réaction de Judex Ramphul, président du Syndicat des pêcheurs, après avoir pris connaissance de la signature du nouveau Fisheries Partnership Agreement avec l’Union européenne (UE) aujourd’hui.
Judex Ramphul regrette que des Européens avec leurs « bateaux sophistiqués » viendront pêcher dans notre zone maritime « au détriment des pêcheurs mauriciens avec peu de moyens et qui n’arrivent même pas à se faire embaucher sur des bateaux de pêche ».
Le président du Syndicat des pêcheurs se demande si le nouvel accord fait provision pour engager des marins pêcheurs locaux. Le dernier accord prévoyait uniquement de l’emploi pour dix Mauriciens sur une flotte de 400 bateaux pêchant dans notre zone maritime. Judex Ramphul mobilisera ainsi ses membres cet après-midi pour contester la signature du nouveau Fisheries Partnership Agreement avec l’UE.
Ashok Subron de la General Workers Federation (GWF), qui fait partie du mouvement de solidarité envers les pêcheurs des bancs regrette de son côté que cet accord se fasse « dans le dos des pêcheurs et du peuple mauricien ». Il explique que ce processus aurait été plus démocratique si les différentes parties concernées avaient eu l’occasion de s’exprimer. « Les pêcheurs vont prendre les actions nécessaires », prévient-il.
M. Subron invite le gouvernement à ne pas faire les mêmes erreurs qu’avec l’accord sur l’industrie sucrière. « On se souviendra qu’un an après cet accord, le Premier ministre a dû intervenir pour demander des modifications. Qu’on évite la même bêtise, ou alors le gouvernement devra assumer sa responsabilité. »