Pression au travail ou à l’école, manque de temps pour ses proches et pour soi-même, tensions familiales… La société moderne se laisse largement gagner par le stress. Or, le stress est le tueur numéro un dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors qu’on a tendance à tenir des facteurs externes pour responsables, Pradeep Jagutpal, conférencier en stress management ayant à son actif plus d’une centaine de séminaires à l’intention de professionnels de groupes hôteliers, de ministères et d’établissements secondaires, entre autres, et qui a plus de 32 ans d’expérience en Raja Yoga Meditation, souligne que « c’est bien davantage notre pensée » qui génère le stress. « On croit souvent que ce sont les autres qui sont responsables de son stress. Or, c’est le “moi” qui doit choisir comment agir. » Le coordonnateur de l’Inner Healing Centre de la Brahma Kumaris World Spiritual University (BKWSU) ajoute : « Il existe une force énorme à l’intérieur de chacun qui nous aide à prendre le dessus :  c’est la méditation qui est le meilleur remède au stress. »
« Mon rôle est d’aider les gens à mieux connaître le potentiel tapi au fond d’eux, parce qu’une fois qu’on se connaît, on est mieux à même de faire face à ses problèmes », explique Pradeep Jagutpal. Souvent, dit-il, lorsqu’on est dépassé, on est tenté de croire que ce sont les autres qui sont responsables. « Moi, je dis que le stress est un état d’esprit négatif qui nous dérange psychologiquement et physiologiquement. S’il est bien vrai que la vie est ainsi faite que l’on sera toujours confronté à des difficultés, on a un choix. C’est l’individu qui doit choisir comment agir. Souvent on agit sous le coup de l’impulsion. C’est à ce moment qu’on est affecté. »
De nos jours, le temps fait défaut et on est davantage dans le faire que dans l’être. Il s’agit de produire encore et encore, et l’on n’a plus de temps à soi. On n’a plus le temps de faire silence et de faire le point sur sa vie et ses actions. Ce qui compte, ce sont des accomplissements.
Méditation
D’après l’American Medical Association, plus de 70% des maladies sont liées directement ou indirectement au stress. Pour sa part, l’American Stress Association avance que 92% des maladies sont liées au stress. Pradeep Jagutpal est d’avis que tout demande un apprentissage. « Si on veut être musclé, on va à la salle de sport. Idem pour le stress. On apprend à contrôler son esprit. Le silence nous permet de regarder à l’intérieur de soi. Dans chacun de nous, il existe une force énorme qui sommeille et qui nous aide à prendre le dessus. C’est ce qu’on appelle la méditation. C’est un moyen de prendre des forces pour gérer les problèmes de notre vie. » Selon lui, la méditation est le meilleur remède au stress. « Le stress est un état d’esprit négatif. Que ce soit un petit ou grand souci, toute préoccupation est une forme de stress. La colère est une autre forme de stress. Quand on est dans un état d’esprit négatif, on est émotionnellement dérangé et cela a un effet néfaste sur nos paroles, nos actions et notre comportement. »
Comment agir pour ne pas se stresser ? Selon Pradeep Jagutpal, lorsqu’une pression ou une quelconque agression de l’extérieur se présente, on a la liberté de choisir comment agir. « D’abord, on doit se demander ce qui a provoqué cela. Peut-être l’acte n’a-t-il pas été fait intentionnellement. Même si c’est intentionnel, il vaut mieux ne pas réagir de manière impulsive. On se défend, mais sans faire du mal. Il faut apprendre à être tolérant et à développer la force intérieure. » La méditation, selon notre interlocuteur, est une technique consistant à pénétrer à l’intérieur de soi dans le silence et aller à la découverte de son potentiel. « Dans chaque individu, il y a un sanctuaire de paix, de force, d’amour et de connaissances. Ce n’est que dans le silence qu’on peut explorer cette dimension spirituelle. »
Quand on est stressé, poursuit le conférencier, bien souvent, on invoque des facteurs externes comme causes. Or, selon lui, il existerait bien d’autres facteurs internes qui en sont responsables. « Cela commence par le type de personnalité : si on est une personne impulsive qui prend des décisions rapides avec beaucoup d’erreurs, ou alors si on est une personne détendue, performante et calme. Il y a aussi notre croyance, ou notre bagage culturel, qui entrent en jeu. Par exemple, la conception que je serais joyeux seulement si j’acquiers quelque chose ou si je réussis mes examens. Notre joie dépend souvent de certaines acquisitions matérielles. Mais si on peut connaître cette joie intérieure, qui sort de notre coeur, pourquoi ne puis-je pas la sortir tous les jours avec tout le monde, dans n’importe quelle situation ? »
Se retirer
Si le monde aujourd’hui est stressé, selon notre interlocuteur, c’est parce qu’on a tendance à réagir à la colère. « La colère est omniprésente dans notre société. Quand on est en colère, on justifie notre colère. Mais elle est très dangereuse pour notre santé. D’après des études, cinq minutes de colère déséquilibrent notre système immunitaire pendant six heures. Alors que la pensée positive renforce le système immunitaire pendant six heures. Il y a beaucoup de réactions physiologiques qui se passent dans notre corps sans qu’on le sache quand on est en colère : le mauvais cholestérol augmente, la tension artérielle augmente. » Le professeur en stress management fait ressortir que la colère est là parce qu’on n’arrive pas à accepter certaines situations. « C’est un manque d’acceptation qui fait exploser de colère. La méditation nous aide à développer cette force pour accepter les choses. »
La première chose à changer, c’est soi-même, souligne-t-il, car c’est notre pensée qui est à la source de notre stress. « Parfois, il y a des choses qu’on ne peut éviter. Il faut alors trouver une adaptation. Sinon il faut accepter la situation. D’où cette prière : “ God, grant me the serenity to accept the things I cannot change, The courage to change the things I can, And the wisdom to know the difference”. » Pour le coordonnateur de l’Inner Healing Centre, l’acceptation est quelque chose de très important. Il importe par ailleurs de prendre du temps pour soi. « Souvent, on a du temps pour les autres, mais pas pour soi. Il faut pouvoir se retirer et réfléchir en silence, partager les soucis qu’on a avec Dieu et puiser de la force en Dieu pour se renforcer. Si la personne n’est pas croyante, se confier à une personne vraiment sûre. »
Des sessions de méditation individuelles ou en groupe sont proposées au public de toutes confessions dans les branches de la Brahma Kumaris, notamment à Curepipe, Port-Louis, Quatre-Bornes, Flacq et Rose-Belle. Le centre de Curepipe dispose de deux appareils sophistiqués, dont le Neuro Bio Feedback, qui permet de mesurer le niveau de stress de la personne. « C’est un appareil ultrasensible qui permet de détecter la moindre émotion chez la personne. Si la personne est calme, c’est la couleur verte qui sera affichée. Mais si elle est stressée, ce sera rouge. »
Sister Lata précise qu’à la BKWSU, qui a pour membres des Mauriciens de toutes confessions, on ne pratique aucune religion, mais juste de la spiritualité. « On enseigne le contrôle sur l’esprit. Avant d’entamer la méditation, l’intéressé suit un cours sur l’état d’esprit. Du moment où l’on peut contrôler son esprit, on peut arrêter le tabac, on peut retrouver un bon sommeil… »