La parlementaire du MSM Pratibah Bholah a souhaité que la nouvelle loi sur l’interruption volontaire de grossesse ouvre une nouvelle ère de compréhension pour la femme mauricienne. C’était hier, lors de son allocution dans le cadre des débats sur le projet de loi. « On behalf of all the distressed women and daughters of this land, I commend this bill to the house », a-t-elle déclaré.
Arguant que Maurice a beaucoup progressé en ce qui concerne les droits de la femme, elle affirme : « But the real achievement will now be tested with a choice of termination of pregnancy which goes to the heart of gender equality. »
Observant que la femme constitue un maillon important dans le développement du pays, elle estime que « safe abortion can therefore promote efficiency, productivity as well as empowering them ». Et de souligner que les pays industrialisés ont légalisé l’avortement. Malgré l’interdiction de la loi, tous les ans, affirme-t-elle, 18 000 avortement son enregistrés. Elle estime que ce sont les plus défavorisées qui sont victimes de cette discrimination.
La parlementaire trouve tout à fait normal de procéder à l’interruption médicale de la grossesse en cas de problème de santé pour la maman ou au risque d’avoir un enfant avec un handicap sévère ou mort né, et de pratiquer l’IVG en cas de viol, d’inceste ou sur des jeunes de moins de 16 ans. Selon elle, « à ce jour, outre le malheur d’avoir été victime de viol ou d’inceste, elle doit aussi porter le poids d’une grossesse d’un géniteur dont elle ne souhaite pas ». Pour ce qui est des jeunes de moins de 16 ans, elle affirme que son corps n’est pas préparé à porter un enfant. De plus, l’inégalité demeure dans le fait que la jeune fille, souvent encore à l’école, est contrainte d’arrêter ses études avec, pour conséquences, un avenir difficile.
« Motherhood, dit-elle, is indeed a wonderful experience but I doubt whether the experience will have the same meaning for victims of rape and incest particularly when they themselves are children. » Elle estime que ce serait une injustice pour elle.
Pratibah Bolah souligne que Maurice a pris de nombreux engagements sur le plan international et qu’il est grand temps de les mettre à exécution. « The proposed bill gives the choice to these affected women to stop these pregnancies at their will and live with dignity. » Pour elle, c’est une question de responsabilité morale. Elle affirme qu’en tant que parent, l’on ne peut échapper à ses responsabilités en envoyant par exemple « nos filles à la guillotine par des moyens illégaux ». « Most importantly we must work hard to prevent unwanted pregnancies through mass education, school education, sex education, and eventual prevention of teenage pregnancy. »
Et d’insister que l’on ne demande pas de tuer ou d’empêcher un enfant de naître, mais de sauver la vie d’une mère pour un meilleur avenir. Pour elle, le plus dur pour la femme est de prendre cette décision. Aussi, demande-t-elle, « pourquoi la rendre plus dure ? » La responsabilité de l’État, rappelle-t-elle, est de protéger les citoyens. Dans ce cas, pourquoi ne pas penser à la manière de prévenir la propagation des maladies sexuellement transmissibles. « Ailleurs, des vaccins pour protéger les adolescentes contre ces maladies existent, dit-elle. Alors travaillons pour une île Maurice plus saine. »