Maurice a utilisé avec beaucoup d’habilité ce week-end le Pravasi Bharatiya Divas Mauritius 2012 pour se positionner comme une plateforme idéale permettant aux industriels indiens de pénétrer le marché africain. « Le tandem Maurice-lnde constitue un partenariat gagnant-gagnant pour le marché africain », a affirmé hier le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell dans une déclaration à la presse à l’issue d’une session sur le « Exploring business opportunities in the Indian ocean » présidée par l’ancien ministre des Finances Rama Sithanen. Il a ainsi souhaité la conclusion au plus vite du Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (CECPA) entre les deux pays qui fait l’objet de négociations depuis plusieurs mois.
Se réjouissant du choix de Maurice par le gouvernement indien pour l’organisation de la sixième réunion régionale de Pravasi Bharatiya Divas (PBD), le ministre des Affaires étrangères a estimé que « Mauritius represents an important, a vibrant and an engaged constituency of the overall PBD processes and the global and diverse Indian Diaspora ». Cette initiative, soutient Arvin Boolell, rapproche l’île des 110 pays où existe une diaspora indienne et consolide davantage l’axe Maurice-Inde.
Selon le ministre, le PBD a entraîné un changement de mentalité dans les relations entre l’Inde et sa diaspora et vice-versa. Cet événement permet aussi de développer des liens de famille entre Maurice et la Grande péninsule qui « a toujours été à nos côtés en tant que partenaire sincère et ami ». De plus, a ajouté Arvin Boolell, alors que l’Inde s’est engagée dans un programme ambitieux dans le cadre des initiatives comme le forum Inde-Afrique, Maurice est pleinement impliquée dans le processus d’intégration régionale et continentale. Toutes ces raisons sont utiles pour développer les opportunités d’affaires dans l’île.
C’est dans ce contexte que le ministre des Affaires étrangères a énuméré les sept raisons pour lesquelles Maurice représente un espace d’opportunités pour les affaires dans la région. Arvin Boolell a souligné qu’en premier lieu, elle est une référence mondiale pour la stabilité politique dans cette région du monde avec une démocratie profondément enracinée et institutionnalisée calquée sur le système britannique. Le pays dispose d’une main-d’oeuvre éduquée, multilingue et expérimentée.
Deuxièmement, a avancé le ministre, Maurice est partie prenante dans une stratégie d’intégration régionale entre les îles de l’océan Indien à travers la Commission de l’océan Indien. Troisièmement, elle est associée à une constitution très large qui comprend l’Afrique orientale et australe. Le pays a des accords de non double imposition avec 38 pays, dont 14 du continent africain. Quatrièmement, elle est très impliquée dans l’agenda consistant à accélérer la transformation économique en Afrique. Le but ultime étant de lancer les opportunités commerciales et économiques dans la région. Cinquièmement, Maurice est aussi membre de l’OIR qui couvre non seulement l’Afrique mais aussi l’Asie, l’Australie et les îles avoisinantes. Sixièmement, les relations bilatérales avec l’Inde ont permis de générer un espace pour l’économie et l’investissement, et Maurice est aujourd’hui le « preferred route pour les investissements en Inde ». « This combined with fiscal and non fiscal advantages and the diverse financial services product-base, has been one of the key ingredients of the Mauritius success story », a dit Arvin Boolell. Dans ce contexte, il a invité les industriels indiens à développer une synergie appropriée entre l’Inde et Maurice avec notre île comme passerelle vers l’Afrique.
Finalement, le ministre des Affaires étrangères a évoqué le potentiel que représentent les eaux territoriales mauriciennes et l’extension récente du plateau continental. Il a terminé son intervention en renouvelant la volonté des autorités de faire de Maurice une plateforme d’investissement pour l’Afrique. Les Chinois, a rappelé Arvin Boolell, utilisent le pays comme une plateforme d’investissement de choix pour le continent. « I can only hope that as Indian corporations set to increase their footprints across Africa, the Mauritius jurisdiction will become their natural platform and partner », a-t-il dit.
Rama Sithanen, qui a présidé la séance, a pour sa part insisté sur le potentiel inexploité dans les relations économiques et commerciales entre l’Inde et Maurice. L’ex-ministre des Finances a observé que si l’on enlève l’importation des produits pétroliers de l’Inde le niveau de nos échanges commerciaux entre les deux pays est inférieur à celui enregistré avec l’Afrique.
De son côté, Nikhil Treebohun s’est longuement appesanti sur les relations entre Maurice et l’Inde au plan financier.