Pravesh Horil a créé la sensation avec Valere, s’offrant au passage sa première victoire dans une course principale au Champ de Mars. Un succès qui lui a mis du baume au coeur quand il considère lui-même avoir vécu juste après sa belle aventure néo-calédonienne une mauvaise expérience avec un début de saison 2014 où il a failli tout lâcher. Du coup, il exerce une deuxième profession en parallèle : jockey tôt le matin, apprenti time-keeper en début de matinée.
« Certaines presses ont parlé de coup de poker avec Valere. C’est vrai que c’est une victoire particulière pour moi. Les instructions étaient de prendre la meilleure position avec Valere après environ 125m de course pour donner à son compagnon de box Twitter un run caché. Avec un autre frontrunner, Wieland, que j’estime depuis qu’il a saigné n’est plus le même, je me suis installé librement en tête, mon coursier courant dans son allure. Au tournant, quand j’ai demandé plus d’accélération, il a bien répondu. En plus de pouvoir résister à Cédric Ségéon (Donnie Brasco) qui m’a coiffé deux fois au poteau (Winter Skye battu par Arctic Sun et Liam par Kruger Rand), m’a procuré une autre source de grosse satisfaction ».
C’était aussi une grande première pour Horil dans une épreuve principale sur notre hippodrome. « Cela vous prouve que vous pouvez être compétitifs et au même niveau que les meilleurs ».
Dans ses trois autres montes de la journée, Horil a été moins bien servi, ne s’accrochant qu’à un accessit avec Roving Consort, deuxième à 0,55 longueur de Craftsman. « C’est un one-pacer. Il n’y a rien à redire. Roving Consort a été battu par un coursier qui n’est pas dans sa division. Il reste quand même un cheval d’avenir et poursuit son apprentissage en compétition. Don’t Say Dont a éprouvé des difficultés à évoluer dans ce lot de C 6 & 7 dominé par Shoddy Nick. Toutefois, c’est No Prisoners, septième à 9 longueurs du vainqueur Argo, qui m’a le plus déçu. Ce qu’il nous a montré à l’entraînement il ne nous le montre pas en course. Il est à revoir ».
À 26 ans et avec quatre années de carrière comme jockey, Pravesh Horil, 37 victoires dans l’escarcelle — son premier gagnant, Lithium, a émergé un après-midi de 2011 au Champ de Mars — aura été deux fois champion (2012 et 2013) en Nouvelle-Calédonie. Il refusa l’option de rester dans l’île du Pacifique cette année mais vécut un mauvais début de saison au Champ de Mars. « C’était au sein de l’écurie Hurlywood. Mais le plus difficile c’est que j’ai perdu trop vite ma décharge liée à mon apprentissage. Alors que je n’ai pas encore terminé mes cinq années de formation, je ne bénéficie d’aucune remise. J’ai fait état de cette situation par une lettre adressée au MTC, qui est restée sans réponse ».
Les contraintes financières préoccupent également Horil. «Quand vous imaginez que pour pouvoir payer une assurance pour être un peu tranquille dans votre job à risques, c’est l’équivalent de fees de 30 montes au training que vous percevez. Devant les difficultés, j’ai été obligé de faire un deuxième job ailleurs pour joindre les deux bouts. Très tôt le matin jusqu’à 8h je suis jockey au Champ de Mars. Puis, je travaille comme apprenti time-keeper à Best Contruck, une compagnie de construction».
Même s’il estime qu’il se sent bien chez l’écurie Foo Kune, « que je trouve un groupe très professionnel dans son approche et que je profite pour remercier », Horil se dit prêt à une nouvelle aventure internationale. « L’Australie me tente beaucoup ».