« Pas faire cinema », a lancé ce matin le leader du MSM Pravind Jugnauth au ministre des Finances Xavier Luc Duval, lors d’une conférence de presse au Sun trust. Il estime que le Grand Argentier dispose d’une large marge de manoeuvre afin de maintenir un équilibre entre l’économie et le social. Le leader du MSM a également annoncé que Leela Devi Dookun se remet graduellement de son accident et a félicité le personnel de l’hôpital orthopédique de Candos pour sa compétence et son dévouement et a exprimé sa sympathie à la famille de Mme Dookun.
Pravind Jugnauth affirme que lorsqu’il a pris la responsabilité du ministère des Finances et du Développement économique en mai 2010, l’économie était gravement menacée par la crise qui secouait la zone euro. Les secteurs d’exportation et le tourisme évoluaient alors dans une situation extrêmement précaire. Il fallait agir vite, ce qui fait qu’il a présenté l’ERCP en août 2010 pour annoncer des mesures courageuses pour faire face à une situation difficile et permettre aux différents secteurs de s’adapter à cette situation. À cette époque, dit-il, son action visait à consolider les acquis du pays sur les marchés traditionnels tout en faisant une ouverture vers les marchés émergents. D’où le titre du budget, Rebalancing Growth.
Cette approche, dit Pravind Jugnauth, s’est poursuivie dans le budget 2011, lorsqu’il fallait donner un boost à l’économie et maintenir un équilibre entre l’économie et le social. Entre 2005 et 2010, soutient-il, le ministre des Finances d’alors a pratiqué une politique ultra-libérale. Pour lui, ce dernier a regardé dans une seule direction, celle des capitalistes, et a oublié le peuple. « Notre prise de position était consistante avec ce que nous avons fait à notre arrivée au gouvernement », dit-il.
Pravind Jugnauth a observé que les mesures prises par le gouvernement de l’Alliance Sociale ont mené à un appauvrissement de la population. « C’est ce qu’il a fallu corriger à mon arrivée au ministère des Finances ». Il a fait mention d’une série de mesures prises dans ce sens dont l’abolition de la NRPT, l’abolition de la taxe sur les intérêts, la dissolution du National Pay Council afin de rétablir le tripartisme, la réintroduction des subsides sur les frais d’examens au SC et HSC, la réintroduction des déductions sur les impôts pour les prêts-logement et les frais d’études universitaires, le rétablissement des exemptions pour les frais d’enregistrement pour les jeunes qui achètent un terrain pour la première fois, l’abolition de la taxe de 15 % sur les sociétés coopératives, le rétablissement de l’exemption des impôts sur les premières 60 tonnes de sucre produites par les petits planteurs, l’avance de 80 % aux petits planteurs. Il a également fait mention du doublement de l’Income Support pour les plus démunis, qui est passé de Rs 126 à Rs 246, et du maintien des subsides sur le riz et la farine.
Pravind Jugnauth a observé que le taux de croissance est passé de 3,1 % en 2009 à 4,2 % en 2010. Cette année, le taux sera comparable à 2010, a-t-il estimé. Le taux d’épargne était en hausse et celui du chômage était maintenu.
M. Jugnauth a observé qu’au moment de sa démission comme ministre des Finances en juillet dernier, le déficit budgétaire pour l’exercice financier 2011 était estimé à 3,3 % contre un objectif de 4,3 %.
« C’est pour toutes ces raisons que je demande à Xavier Duval de ne pas faire de cinéma sur la marge de manoeuvre dont il dispose. Je sais ce que je dis et il n’y a aucune raison pour augmenter la TVA. Je dis à Xavier Duval que le peuple attend qu’il continue dans le chemin tracé avant son arrivée et qu’il faut répondre aux attentes de la population », conclut Pravind Jugnauth.