« La societé est malade, la situation est accablante, le peuple a du mal à joindre les deux bouts, l’appauvrissement s’accroît, l’endettement a atteint un taux elevé et le chômage se creuse davantage. » Tels sont les propos du leader du MSM, Pravind Jugnauth, lors de sa conférence de presse hebdomadaire. L’ancien argentier a également passé en revue les scandales et n’a pas manqué, comme toujours, de formuler des critiques virulentes contre le chef du gouvernement, Navin Ramgoolam, et ses ministres.
Pour Pravind Jugnauth, il est indéniable que le gouvernement n’est pas capable d’affronter les problèmes auxquels fait face notre societé mais qu’il continue, malgré tout, de dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. « Morisiens pe vive dan l’illusion », dit-il.
Faisant référence à un récent sondage réalisé par Moriscopie, il indique que deux Mauriciens sur trois (66% des sondés) avouent que leur situation financière s’est déteriorée, comparée à l’année dernière. « Ce sentiment touche 78% des Mauriciens de la classe moyenne et au bas de l’échelle. Il y a un malaise profond. Les jeunes redoutent l’avenir à Maurice et l’enquête démontre que 55% des sondés – dont la plupart sont des jeunes – disent vouloir émigrer. La situation de 1982 se répète. Par ailleurs, 52% des chômeurs sont âgés de 16 à 29 ans. C’est un véritable désespoir pour le pays », dit Pravind Jugnauth. A titre d’exemples, il cite le SDF tué pour Rs 150; la femme et sa fillette de deux ans tuées par le beau-fils de 16 ans, ainsi que les nombreux cas de suicides répertoriés parmi des étudiants…
Pravind Jugnauth rappelle que le MSM est révolté face à ce constat des plus alarmants, tandis que les ministres font la sourde oreille et répètent au peuple que tout va bien. « Li inaceptab! Bizin rekonet ki bann la pa capab fer face a bann problem ki nu pe gagner et zot largement responsab pou sa », dit-il.
Consacrant un chapitre entier sur les ravages de la drogue chez les étudiants, Pravind Jugnauth se demande pourquoi Navin Ramgoolam ne trouve pas important d’instituer une commission d’enquête sur la drogue. « Kifer? Ki sann la li envi protezer? », se demande-t-il.
Faisant un rappel des « persécutions de l’opposition » par voie de manipulation de la force policière, le leader du MSM soutient que la répression s’installe petit à petit. « Avec l’augmentation de l’électricité, de l’eau et, récemment, du pain, la compensation salariale obtenue au début de l’année s’est évaporée », dit-il. Et de poursuivre : « Nous sommes sur un volcan social. Get kuma situation pu deteriorer à l’avenir. »
Autre volet de la conférence de presse: l’affaire Boskalis. Pravind Jugnauth trouve aberrant que Navin Ramgoolam, après quatre ans d’enquête par l’Independant Commission Anti Corruption (ICAC) sur le scandale Boskalis, vient dire que l’entité n’a pas de juridiction pour poursuivre en justice sous la charge de « betting & abetting » et de « conspiracy. » « Généralement, cela découle des charges principales comme dans ce cas de bribery. Par ailleurs, il y a eu des cas précédents où l’ICAC a pris des actions légales sous betting & abetting et de conspiracy. »
Pravind Jugnauth a aussi passé en revue le Forensic Audit de la Banque Mondiale réclamé par Xavier Duval sans que des terms & reference ne soient proposés. C’est l’Interpol, affirme-t-il, qui a la compétence nécessaire pour enquêter et non la Banque Mondiale. Il trouve ridicule qu’aucune consultation n’ait eu lieu au préalable avec le pays concerné, Madagascar.
Finalement, le leader du MSM a fait une petite parenthèse sur les regulations à être rédigées par l’Electoral Supervisory Commission (ESC) pour les administrations régionales. Bien que, dit-il, le MSM avait contesté la loi d’Hervé Aimée, il n’avait pas insisté, ne voulant pas retarder les élections municipales… qu’il souhaite au plus vite.