Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) Pravind Jugnauth a déclaré hier après-midi, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, que ce n’est pas lui qui serait Premier ministre durant trois ans en cas de victoire de l’alliance MMM-MSM en voie de concrétisation lors des prochaines élections générales. « Ca ne m’embarrasse pas », a-t-il répondu à une question du Mauricien qui voulait savoir si le poste de Premier ministre a été discuté entre les deux partis dans le cadre du Remake 2000.
« Je ne peux tout dévoiler à ce stade, on a discuté de plein de choses dont le programme gouvernemental, la rentrée parlementaire sur laquelle nous aurons une autre réunion le samedi 17 et aussi de la vision dont nous avons besoin pour transformer le pays », a déclaré M. Jugnauth. Les deux partis, le MSM et le MMM, auront une stratégie commune à la rentrée parlementaire afin d’avoir plus d’efficacité face à la majorité. « Les dossiers ne manquent pas », a-t-il fait remarquer.
Le leader du MSM a commenté l’agitation politique de ces derniers jours qui, selon lui, a fait paniquer le Premier ministre Navin Ramgoolam « apenn kouma li tann remake 2000. » « Dans la panique, il s’attaque au président de la République. Il demande à ses ministres d’en faire autant et même les maires convoqués par le président n’ont pas respecté l’institution que représente la Présidence », a-t-il déclaré. Selon lui, « kan pei pe koule, lepep trouv enn espwar dan remake 2000 ; un espoir pour nettoyer la pourriture, un espoir pour que la vérité éclate sur les nombreux scandales, un espoir qu’il y aura des sanctions contre les coupables, un espoir que le law and order sera rétabli, qu’il y aura un combat contre la fraude et la corruption et que le pays sera remis sur les rails du développement et du progrès. »
Pravind Jugnauth a estimé que « Ramgoolam so fizib finn sote » car il réalise que la fin de son règne approche. Le PM, dit-il, a lancé au Président « qu’il doit soit dire à la population qu’il n’a pas donné son consentement en ce qu’il s’agit du vote du comité central du MMM, soit dénoncer les agissements politiques qui embarrassent la Présidence. » « Okenn pa finn arive », a-t-il dit, tout en rappelant que le Premier ministre s’est rendu à la State House jeudi « kot li finn dir li satisfe avek explikasyon ki prezidan finn donn li. Cela signifie qu’on a boycotté le Président et qu’on lui a manqué de respect pour rien. Pourquoi le Premier ministre n’a pas attendu jeudi pour demander des éclaircissements au Président ? Navin Ramgoolam finn ridikiliz limem ». Le leader du MSM avance : « E Ramgoolam koz respe pou ban institisyon. Lui, qui a utilisé l’ICAC pour persécuter ses adversaires politiques, pour faire du cover-up dans l’affaire MedPoint où il n’y a rien contre certains ministres qui y sont impliqués. Apre li koz institisyon ? »
Pravind Jugnauth affirme qu’il est déterminé à soutenir toutes les initiatives en vue de débarrasser le pays du Parti travailliste. Suivant les discussions que les dirigeants du MSM et du MMM ont eues cette semaine, une stratégie commune a été dégagée et « nou kone ki direksyon nou pe ale ; nou pa badine, nou. » M. Jugnauth a eu ce message pour le Premier ministre : « Li pa pou kapav bar prinsip Remake 2000. Le compte à rebours a déjà commencé. »