Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, n’en démord pas des mesures de rétorsion subies par l’opposition. « Nous vivons dans un état politique instauré par Navin Ramgoolam dans un contexte dangereux. La panique s’accelère face à une vague de changements. » C’était lors de sa conférence de presse hebdommadaire au siège du Sun Trust, à Port-Louis.
Pravind Jugnauth a énuméré les répressions arbitraires qu’il a personnellement subies, et ce, après que la Police ait été scrupuleusement manipulé par le pouvoir en place. Pour soutenir son affirmation, le leader du MSM cite les arrestations des membres de l’opposition durant ces derniers mois. Showkutally Soodhun, le Dr Zubeer Joomye, Prakash Maunthrooa et lui-même, entre autres, ont été arrêtés dans le cadre de plusieurs enquêtes. Le dernier exemple en date est, dit-il, la réouverture de l’enquête sur les allégations de corruption dans les milieux portuaires. En effet, la firme néerlandaise Boskalis est soupçonnée d’avoir distribué des pots-de-vin à des responsables de l’administration du port. « Le pouvoir utilise la police pour persécuter l’opposition. Prakash Mauntrooa a été arrêté alors qu’il n’est pas lié directement à la Mauritius Ports Authority« , dit-il. Et ajoute: « Quoi qu’il en soit, nous lui accordons tout notre soutien. »
Le leader des oranges est revenu sur l’affaire Med Point, Bois de Rose, et n’a pas manqué de rappeler sa convocation « soudaine » ainsi que celle de Showcatully Soodhun au Central Criminal Investigation Division (CCID) dans le sillage de l’incendie criminel, en mars 2011, chez Harish Boodhoo. Il estime que Maurice est devenu un « état policier ». Au passage, il n’a pas manqué de critiquer en citant des extraits de lettre de ce dernier ayant pour cible Navin Ramgoolam lui-même. « L’ICAC ne juge pas bon de mener une enquête ou encore la Police ki kav mettre enn provisional charge pour fausses allégations », dit-il. Mais là, soutient-il, Harish Boodhoo, nouvel allié de Navin Ramgoolam, se terre, allant même effacer ses précédentes publications de nature très critiques de Facebook.
A ce propos, il indique avoir écrit, lundi, au commissaire de police pour savoir de quoi il est accusé, mais à ce jour, il dit être toujours dans le flou.
Répondant à une question sur l’augmentation du prix du pain à partir du lundi 18 juin 2012, Pravind Jugnauth soutient que le gouvernement ne se soucie nullement de son peuple qui s’appauvrit de jour en jour.