Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM) Pravind Jugnauth a estimé hier après-midi, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, que le Premier ministre Navin Ramgoolam ne peut donner de leçon à sir Anerood Jugnauth par rapport au taux de criminalité dans le pays.
Selon Pravind Jugnauth, sir Anerood a mis sa vie en danger en combattant la prolifération de la drogue et en démantelant l’escadron de la mort. « Li pwint ledwa lor SAJ lor kestion law and order. Il était Premier ministre après SAJ, pourquoi n’a-t-il pas élucidé les crimes dont il a fait état la semaine dernière ? », s’est-il interrogé, avant de dresser une liste de crimes et autres émeutes qui ont eu lieu entre 1996 et 2000, entre 2005 et 2010 et de 2010 à ce jour. Il a parlé des émeutes qui ont suivi la mort de Kaya, de l’incendie qui a ravagé l’Amicale de Port-Louis en tuant plusieurs personnes dont une femme enceinte, des hold-up et des braquages dans des hôtels et des vols dans des campements dans le nord de l’île, dont celui du Premier ministre lui-même, ainsi que des émeutes qui ont eu lieu un peu partout dans l’île. « Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de crimes à l’époque de SAJ. Mais ils n’étaient pas en aussi grand nombre qu’aujourd’hui », a-t-il soutenu.
Auparavant, le leader du MSM a parlé de ce qu’il considère être des « mensonges » de la part de Navin Ramgoolam. « Contrairement à ce que le Premier ministre avance, la vente des actions de Mauritius Telecom a été effectuée en dehors du cadre du budget ; je ne lui ai jamais demandé d’intervenir en ma faveur auprès de l’ICAC ; Alan Ganoo n’était pas présent pour le vote du comité central sur le Remake 2000 parce qu’il était absent du pays ; et les hadjis ont obtenu un meilleur tarif pour le hadj de la part d’Emirates Airlines grâce à Showkutally Soodhun », soutient M. Jugnauth. Il a estimé que le Premier ministre a sali l’image de notre pays en tenant des propos mensongers sur le président français Nicolas Sarkozy. Selon lui, le gouvernement est à la dérive. « Pe diriz pei ar kolmat bann trou agos adrwat ».
Commentant la situation à la Banque de Maurice, Pravind Jugnauth affirme que le Monetary Policy Committee a été hijack par le ministre des Finances Xavier-Luc Duval. Il en veut pour preuve les nominations au sein de ce comité. Il affirme que lui-même en tant que ministre en 2003, il avait amendé la loi pour que le ministre de tutelle ne donne plus d’instructions à la Banque de Maurice. « En 2004, le Gouverneur détenait la majorité au sein de ce comité mais en 2009, la loi a été amendée et il s’est retrouvé en minorité ». M. Jugnauth a également parlé de la nomination Marc Hein au poste de président de la Financial Services Commission (FSC). « Cette personne a des intérêts dans des compagnies offshore. N’y a-t-il pas un conflit d’intérêt ? » s’est-il demandé.
À l’heure des questions, Pravind Jugnauth est revenu sur ses propos selon lesquels s’il y a un changement de gouvernement, certaines personnes se retrouveraient en prison. « Je ne condamne pas ces personnes mais je dis qu’il faudra des enquêtes sérieuses sur plusieurs scandales et si ena dimounes pou bizin reponn li pou reponn. Je ne les juge pas mais les enquêtes devront être très sérieuses », a-t-il répondu au Mauricien. Au sujet de certains politiciens qui se rapprochent du MSM, il a dit « ki zot pe vini pou plizier rezon », avant d’ajouter que tous ceux qui sont bien intentionnés « zot sertenman pou retrouv zot ar nou. »