Pour le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), Pravind Jugnauth, le Premier ministre Navin Ramgoolam est le plus grand danger pour la démocratie. « Si pa met kal dan so larou, li instor diktatir dan pei », a-t-il lancé, hier après-midi à Port-Louis, lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Il a aussi commenté l’annonce par M. Ramgoolam de la publication d’un White Paper sur la réforme électorale et le secteur de l’éducation « ki finn pouri. »
« Les trois quarts de son discours de dimanche dernier constituent des menaces contre les partis de l’Opposition et la presse. Sa mem so priorite », a lancé le leader du MSM. Selon lui, le Premier ministre confirme par ses longues attaques contre le MSM que celui-ci a tout son poids sur l’échiquier politique. « Le MSM devient de plus en plus fort, il se consolide », a-t-il soutenu, avant d’estimer que le Parti travailliste a été dévalué par Navin Ramgoolam. « Ce parti s’est effondré dans l’opinion publique et la population est de plus en plus convaincue de cela en prenant connaissance de l’ampleur de divers scandales qui rongent le gouvernement. Il annonce un tsunami sur les personnes qu’il a lui-même nommées », a-t-il ajouté.
Face à ces scandales, soutient Pravind Jugnauth, le Premier ministre a tenté une parade dimanche dernier en utilisant de gros moyens. Il a cité le PPS Reza Issack qui a dit « ki siklonn klas kat lor PTr » pour justifier ses propos à l’effet que « so nat dan kou de van ». « C’est un aveu de taille », dit-il. « Son congrès annuel est devenu un show de cinéma. Aucune vision, aucun sens de direction et aucune mesure n’ont été annoncés ».
Au chapitre de l’éducation, M. Jugnauth a commenté le « golden handshake » qu’aurait obtenu le directeur de la Tertiary Education Commission (TEC), avant de partir à la retraite, suivant le comité disciplinaire qui l’a trouvé coupable de conflit d’intérêts. « Nous dénonçons, depuis des années, ce qui se passe à la TEC. Cette dernière est devenue une complice de l’EILM University avec ce scandale de la Foundation Course. La Public Service Commission (PSC) devrait éclaircir cette situation ». Il a aussi parlé de la Mauritius Qualifications Authority (MQA) où, selon lui, le président agirait comme juge et partie. M. Jugnauth a réclamé une commission d’enquête sur la TEC.
Quant au White Paper sur la réforme électorale annoncé par le Premier ministre, le leader du MSM a déclaré qu’il attendra la publication de ce document avant de faire ses propositions. Il a rappelé, à une question de la presse, que le MSM avait proposé une dose de proportionnelle dans le système d’élections, avec une certaine garantie qui permettrait aux femmes d’être mieux représentées au Parlement « mais que cela ne vienne pas déranger les résultats du système de First to Pass The Post. »