Les dessous des chiffres du rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2013, rendu public hier après les délibérations du Special Cabinet Meeting, alimentent le début de la controverse au sein de la fonction publique. D’emblée, le chiffre de 22 %, représentant la moyenne de révision salariale à compter de janvier prochain en faveur des 84 000 salariés et des 25 000 retraités du secteur public, est contesté de façon véhémente par les principaux syndicalistes de la fonction publique. Après une première analyse des recommandations salariales adoptées par le gouvernement, que ce soit Rashid Imrith de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP) ou Naraindranath Gopee de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC), la moyenne d’augmentation se situe dans la fourchette de 15% à 17 %. Mais les syndicalistes poussent leur analyse plus loin en soutenant que la hausse réelle des salaires pour les fonctionnaires sera inférieure à 10 % si l’on exclut les effets conjugués du pourcentage du rattrapage de la perte du pouvoir d’achat et de la pension contributive de 6 %.
Au-delà des interprétations à la moyenne d’augmentation salariale accordée dans le dernier rapport en date du PRB, une analyse des données de la Master Salary Conversion Table apporte des précisions quant au Take Home Salary Increase réel des fonctionnaires à partir de janvier prochain excluant l’Income Tax. D’un point de vue général, les augmentations varient de Rs 329 par mois (4,2 %) pour le General Worker au bas de l’échelle recruté en 2012 à Rs 48 000 (+31,6 %) pour la plus haute fonction au sein de l’administration publique, soit pour le poste de chef juge.
Compte tenu du profil salarial en vigueur dans la Fonction publique, avec le plus grand nombre de salariés se trouvant dans la fourchette de Rs 15 000 à Rs 40 000, la révision salariale effective à partir du 1er janvier prochain se traduira par une augmentation de Rs 2 130, soit 13,9 %, à Rs 8 180, soit 20 %.
Ainsi, le fonctionnaire, peu importe son grade, dont le salaire est de Rs 15 270 à fin décembre cette année, touchera à compter de janvier prochain Rs 17 400 par mois, soit Rs 2 130 de plus. Une augmentation de 15 % à un maximum de 20 % sera appliquée sur les salaires mensuels actuels de Rs 20 070 à Rs 35 420.
Force est de constater que la moyenne générale de 17 % de l’augmentation salariale sera accordée à des fonctionnaires et des employés des corps para-étatiques avec des salaires de Rs 21 870 à Rs 30 000. Au-delà de ce seuil salarial, le pourcentage de révision passe la barre des 20 % pour se retrouver à 23 % pour les fonctionnaires rétribués à hauteur de Rs 75 000 par mois sur la base du rapport du PRB de 2008. Avec le rapport du PRB, cette catégorie de salariés dans le service, avec Rs 93 000 par mois, se rapproche de la barre des Rs 93 000. Dans cette catégorie de salariés figurent les Chief Executives des municipalités et des conseils de district.
Au plus haut échelon de la fonction publique, le pourcentage d’augmentation varie de 27,5 % à 32 % avec des Senior Chief Executives, le commissaire de police, le Directeur de l’audit, le Directeur des poursuites publiques, des juges de la Cour suprême, le commissaire électoral, dont les salaires sont personnels, ou encore le vice-chancelier de l’Université de Maurice bénéficiant d’une hausse minimale de Rs 1 000 par jour. Par ailleurs, le membership du club, jadis select, des fonctionnaires avec des salaires de Rs 100 000 par mois, doublera avec la mise en oeuvre des recommandations salariales du PRB en janvier prochain (voir tableau plus loin).
En déterminant la répartition du quantum de la révision salariale dans les différentes catégories au sein de la fonction publique et des 92 corps parapublics, le PRB a tenu en ligne de compte deux facteurs majeurs, soit la relativité avec les salaires pratiqués dans le privé et l’érosion du pouvoir d’achat depuis 2008 de 5 % pour ceux au bas de l’échelle et de 22 % pour ceux au plus haut n’ayant pas bénéficié du paiement de la compensation salariale au cours de ces dernières années. Le rapport du PRB indique que le nouveau barème des salaires comprend également la compensation salariale, payable le 1er janvier prochain.
Une des conséquences directes est que la relativité des salaires dans la fonction publique, qui avait enregistré une réduction avec le paiement de la compensation salariale favorisant ceux au bas de l’échelle, se rétablit. Au vu du rapport du PRB de 2008, le General Worker/Permanent Secretary Salary Ratio avait été fixé à 1 : 8.6. Entre-temps, avec la compensation salariale, ce facteur est réduit à 1 : 7.7 aujourd’hui. Avec la mise en application du rapport du PRB en janvier prochain, ce ratio repassera à 1 : 8.9 avant impôts pour se situer à 1 : 8.2 après paiement de l’Income Tax.