Avec la pression et la contestation se faisant de plus en plus sentir à la suite de la publication des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB), le gouvernement pourrait opter pour une accélération des procédures en vue de la publication du « Errors and Omissions Report ». De ce fait, l’objectif envisagé à ce stade est de boucler et de rendre public ce rapport corrigeant les anomalies Aujayeb au plus tard au cours du premier trimestre de l’année prochaine. Entre-temps, la campagne initiée par Rashid Imrith de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), réclamant le départ immédiat du directeur du PRB, Mohun Parsad Aujayeb, continue à gagner du terrain. La Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC) compte apporter son soutien à cette mobilisation (voir texte plus loin). À Rodrigues, l’Administration du gouvernement régional se joint au mouvement syndical, en particulier la Rodrigues Government Employees Association (RGEA), pour dénoncer le manque d’égard et de considération du PRB par rapport à la spécificité de l’autonomie. Par ailleurs, le PRB des politiques attend la rentrée parlementaire pour entériner la révision des salaires et des honoraires en faveur du président de la République, des ministres, des députés, des maires, présidents de conseil de district et des conseillers.
Dans la période immédiate post-publication PRB, l’attention est braquée sur l’accueil que feront les fonctionnaires et les employés des corps para-étatiques à l’Option Form, actuellement en voie d’élaboration au ministère de la Fonction publique en consultation avec le State Law Office. Le calendrier de travail prévoit la distribution des Option Forms aux 84 000 salariés du secteur public à partir de la semaine prochaine en vue de leur permettre de choisir entre les nouveaux barèmes de salaires ou le statu quo.
Le mot d’ordre syndical, qui semble se prévaloir, indique que les fonctionnaires, qui continueront à faire pression pour le départ du directeur du PRB, accepteront les recommandations salariales avec des réclamations logées au niveau des instances se penchant sur les « Errors and Omissions ». Au terme de la décision du gouvernement à l’adoption du rapport du PRB, mardi dernier, les fonctionnaires et employés des corps para-étatiques devront confirmer individuellement s’ils acceptent les nouvelles conditions de services et les salaires proposés.
Au cas où le fonctionnaire opte pour le nouveau salaire, mais rejette le nouveau « Contribution Pensions Scheme », il aura droit à des salaires représentant 92 % de ceux recommandés dans le rapport. Les fonctionnaires, qui rejetteront les recommandations salariales et les conditions de service du PRB 2013, ne bénéficieront que de la compensation salariale payable à partir du 1er janvier prochain.
Déjà, la question du rapport sur les « Errors and Omissions » est déjà à l’agenda. Les syndicalistes de la fonction publique objectent que ce Follow Up soit confié au directeur du PRB dans le sillage de ce qu’ils considèrent comme « un travail bâclé avec le Main Report ». À ce stade, il est relativement prématuré d’affirmer si l’hôtel du gouvernement entendra les appels des syndicalistes pour apporter des changements à la tête de cette institution.
Par contre, une quasi-certitude est que le PRB ne disposera pas d’un délai d’un an pour soumettre le rapport sur les « Errors and Omissions » comme le souhaite le directeur lors de la soumission de son rapport au gouvernement. Ce dernier a exprimé le souhait que cet exercice soit entrepris dans un délai maximal de six mois, soit la publication du rapport au plus tard à la fin du premier trimestre de l’année prochaine. Les syndicats disposeront d’un délai d’un mois pour soumettre au PRB les anomalies et autres corrections à être apportées.
D’autre part, la tension est montée d’un cran à Rodrigues où l’Administration du gouvernement régional et les syndicats avaient eu recours à une Common Submission en vue de faciliter la tâche du PRB. « Mais quand nous avions pris connaissance des recommandations du directeur du PRB, nous ne pouvons que tirer la conclusion que celui-ci, agissant en tant que colon, n’a rien compris de la réalité et de la spécificité de l’autonomie de Rodrigues. Nous avions demandé que les structures appropriées soient mises en place au sein de l’Administration et que Rodrigues soit dotée des ressources humaines en vue de réussir son autonomie. Le directeur du PRB a fait croire qu’il nous a compris. En réalité, c’est un véritable échec. Il doit être révoqué », a soutenu Alain Tolbize, président de la RGEA.
Le comble des recommandations du PRB est que le plus important poste au sein de l’Administration régionale, soit l’Island Chief Executive est « downgraded ». Ce poste n’est plus « at par » avec les Permanent Secretaries de la Fonction publique. L’Administration de l’Assemblée régionale et les syndicats de fonctionnaires à Rodrigues, comptent transmettre des protestations communes au PRB. « Le PRB nous doit des comptes car il y va de la survie de l’autonomie de Rodrigues », affirme le président de la RGEA.
Par ailleurs, le PRB politique est déjà prêt. C’est ce qu’indiquent des sources autorisées proches du PRB. Mais le nouveau barème des salaires et des honoraires pour les postes constitutionnels, dont ceux de président de la République et de vice-Président, des ministres et des députés de même que pour les maires et les présidents de conseils de district, doit faire l’objet d’un texte de loi à être présenté par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l’Assemblée nationale à la rentrée.
En tenant compte du quantum de la révision salariale accordée par le PRB aux hauts échelons du secteur public, soit dans la fourchette de 25 à 30 %, force est de constater qu’il faudra s’attendre à voir les honoraires du président de la République être de l’ordre de quelque Rs 300 000 avec ceux du Premier ministre légèrement inférieurs.
Les ministres, dont les salaires sont jusque-là à parité avec les salaires du chef du service et secrétaire au Cabinet, devront bénéficier des allocations mensuelles inférieures à Rs 200 000, probablement à Rs 192 000 pour maintenir la relativité. Le Speaker de l’Assemblée nationale devrait se retrouver dans cette même fourchette avec des allocations inférieures au leader de l’opposition. Par contre, les parlementaires obtiendront, selon toute probabilité, environ Rs 65 000 par mois.
L’adoption de ce texte de loi sur les allocations des ministres et députés devra se faire en parallèle avec les débats sur le budget. Les nouveaux maires et conseillers, issus des élections municipales prévues pour la fin de cette année, se verront allouer des honoraires revus et corrigés.