La Fédération de la Police, qui défend les intérêts de policiers même s’il n’a pas le statut d’un syndicat, a fait une demande au Pay Research Bureau (PRB) pour que tous les policiers travaillant le dimanche reçoivent le double de leur rémunération normale, comme c’est le cas actuellement quand ils exercent un jour férié.
La Fédération de la police, par la voix de son secrétaire, le sergent Jaylall Boojhawon, s’appuie sur le texte de loi du Public Holidays Act de 1968 pour étayer la demande de son organisation. Cette loi stipule à la section 3 que «the days specified in the schedule shall be observed as public holidays » et sous la Schedule, les jours considérés comme fériés sont énumérés. Selon Jaylall Boojhawon, les « Sundays » sont mentionnés en première position. Puis, s’ensuivent les deux premiers jours de l’année, le 12 mars, le 1er mai et les autres jours fériés, proclamés par l’Assemblée Nationale. Or, dans le rapport de la PRB 2008, il est mentionné que « Sunday should be considered as a normal working day for workers on shift, roster and staggered hours« . De ce fait, les policiers reçoivent une simple rémunération quand ils travaillent les dimanches.
Cette provision du PRB n’est-il pas en contradiction avec cette loi? Un policier, membre de la Fédération qui a étudié la question de près, explique: « Quand le Parlement avait proclamé ce texte de loi, son intention était bel et bien de désigner dimanche comme étant un jour férié, dont un jour de repos pour la population, y compris pour les policiers. Le célèbre Lord Fraser du House of Lords en Angleterre, avait bien fait ressortir dans le fameux arrêt de Mandla v/s Dowell Lee, concernant une loi sur la discrimination, que ‘You have to look at the  the evident intention of the Parliament‘ ».
Les policiers sont conscients qu’étant dans un service essentiel, ils n’ont d’autre choix que de travailler le dimanche pour être au service de la population. Mais ils soutiennent que cette obligation morale qu’ils acceptent de fait, même s’ils ne sont pas en famille, doit être monétairement compensée. Ils font un appel pressant aux autorités pour que leur rémunération soit revue en conséquence en prenant en considération les dispositions de la loi et la nature de leur mission.
A ce stade, seule la Fédération de la police a déposé dans le sens de ce texte de loi sur la table du PRB, présidé par M. Mohan Parsad Aujayeb, directeur par intérim.
La fédération a aussi demandé à ce que tous les policiers perçoivent une Risk Allowance de Rs 1,500, « irrespective of their rank and posting« . Actuellement, d’après le rapport du PRB, seuls les éléments des unités spécifiques, tels les postes de police, l’ERS, l’ADSU, le GIPM et la Bomb Disposal Unit, reçoivent une allocation pour des risques liés à leur fonction. Pour les autres policiers qui y ont droit, mention est faite de « and others on the frontline working on shift« . Or estime la  fédération, le mot « frontline » concerne aujourd’hui tous les policiers, qui sont en permanence sur le qui-vive.
L’objectif principal pour la fédérationde la police réside dans l’obtention d’un salaire de base pour les policiers en adéquation avec les autres services essentiels, tel que les services pénitenciers, les pompiers, les enseignants et les personnels de la santé. Diverses autres recommandations ont été faites lors de cette rencontre avec le PRB, dont l’introduction d’une Bank of Police Officers pour compenser un manque d’effectifs ; l’exemption du service de nuit pour les policiers âgés de plus de 50 ans  ; une Mileage Allowance à tous les inspecteurs, sans distinction de leur mutation ; 100% de Duty Remission pour l’achat d’une motocyclette, et 70% pour l’achat d’une voiture pour les inspecteurs ; une Night Attendance Bonus Scheme pour les policiers »who attend duty on all scheduled nights » et une compensation de six ans de salaires aux proches des policiersayant péri pendant leur service. Les policiers de Rodrigues n’ont pas été oubliés