Dans deux mois, la fièvre de la publication du rapport du Pay Research Bureau sera à son comble, les recommandations devant être soumises au gouvernement le 2 octobre. Les propositions élaborées par le PRB devront être avalisées par le conseil des ministres avant d’être intégrées dans le budget 2013 à être présenté à l’Assemblée nationale en principe au début de novembre.
La dernière démarche initiée par le président de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP) en fin de semaine dernière a néanmoins déjà mis le feu aux poudres. Rashid Imrith s’interroge sur le fait que jusqu’à maintenant l’enveloppe financière pour assurer le financement de la révision salariale n’a pas été encore communiquée par le ministère des Finances à la direction générale du PRB pour la conclusion de l’étape la plus cruciale de l’exercice en cours.
Dans la conjoncture, la correspondance de Rashid Imrith au Cabinet Secretary et chef de la Fonction publique, Suresh Seeballuck, aura eu pour effet principal d’enclencher les procédures en vue de déterminer l’enveloppe financière à être communiquée au PRB en vue de décider du quantum d’augmentation salariale à être accordé aux différents grades de fonctionnaires et d’employés des corps para-étatiques à partir du 1er janvier 2013.
À cet effet, l’un des dossiers « high on the agenda » de la prochaine séance de travail entre le Premier ministre Navin Ramgoolam et le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval demeure les allocations budgétaires supplémentaires pour couvrir la révision salariale préconisée. Ces consultations au plus haut niveau du gouvernement s’annoncent cruciales car une aile, présentée comme étant relativement conservatrice au sein du ministère des Finances, préconise la prudence en matière de politique salariale dans le contexte de la « never-ending Euro crisis » et ses éventuelles conséquences sur l’économie mauricienne.
Avec un budget annuel de Rs 20 milliards pour la « Compensation for Employees » dans la Fonction publique, force est de constater que chaque point d’augmentation de salaires pour les fonctionnaires coûtera une somme supplémentaire de Rs 200 millions par an à l’Exchequer sans compter le budget supplémentaire pour le paiement de la pension des retraités de ce secteur. Ces Rs 200 millions pour 1 % ne concernent nullement le cas des employés et salariés des corps para-étatiques.
De ce fait, avec un minimum de 5 % d’augmentation salariale avec le PRB, un budget additionnel d’au moins Rs 1 milliard sera nécessaire alors que 10 % portera le montant à Rs 2 milliards. Au gouvernement, le débat est lancé sur les moyens budgétaires en matière salariale dont il dispose, d’autant que des institutions comme la Banque mondiale ou encore la Banque de Maurice ont déjà tiré la sonnette d’alarme sur « tout excès de générosité salariale » dans le prochain budget.
Entre-temps, du côté du secteur privé, notamment les différentes associations professionnelles, regroupant les opérateurs économiques, les premières inquiétudes se font voir même si pour l’instant l’on se garde de monter en première ligne pour commenter les perspectives de développement sur le front des salaires.
« Nous sommes sûrs que dans ses analyses par rapport au PRB, le gouvernement tiendra en ligne de compte le fait que toute révision des salaires en faveur des fonctionnaires aura automatiquement des répercussions dans le secteur privé. Il y a également le fait que même si l’économie a jusqu’ici fait preuve de résilience face à la succession de crises économiques internationales depuis 2008, des secteurs économiques et non pas des moindres, comme le tourisme ou le textile, subissent des contrecoups. L’imposition de nouvelles contraintes salariales risque de peser lourd dans le bilan final », laisse entendre un porte-parole des opérateurs économiques du privé à la veille des discussions entre le Premier ministre et le vice-Premier ministre et ministre des Finances.