La fin des réjouissances de fin d’année et la rentrée en maternelle se passent brusquement et votre enfant doit être préparé pour affronter cette soudaine transition. Si le premier jour en maternelle est un grand événement dans la vie de certains enfants, cette étape est souvent très angoissante pour d’autres de même que pour les parents. Afin de mieux préparer les enfants à franchir ce cap, dédramatiser l’entrée, se familiariser en douceur à la collectivité et cette rupture avec le milieu familial, voici les conseils de deux enseignantes du pré-primaire Sabrina René et Katherine Julie.
Sabrina René est puéricultrice à l’école Les Patapluches à Roches-Brunes. Comme chaque année, au matin de la rentrée, c’est le même scénario pour elle comme ses cinq autres collègues: larmes et cris à gérer. Pour les parents comme pour les enfants, c’est le moment le plus difficile. « La rupture est difficile pour la maman comme pour l’enfant. Lorsqu’on les voit pleurer, nous, les maîtresses, si on est un peu sensibles, on va s’y mettre aussi. Mais le tout, c’est de garder son calme. »
Tout est une question de préparation, il faut parler à l’enfant à l’avance, bien avant la rentrée, que bientôt il intégrera une école et que ce n’est pas pour se débarrasser de lui. Il faut mettre l’accent qu’il devient grand et que c’est important pour lui. Il s’agit de bien expliquer à l’enfant sa présence dans une école, lui dire que papa et maman aussi doivent quitter la maison chaque matin pour aller travailler, que c’était déjà le cas quand, eux, parents, avait leur âge, qu’à l’école il se fera de nombreux amis, que la maîtresse n’est pas méchante et qu’elle organisera des jeux et lui apprendra de nouveaux mots, etc. Pour calmer l’enfant qui pleure, les méthodes ne manquent pas aux enseignantes, nous dit Sabrina. « Nous leur faisons des câlins pour les calmer. Puis la visite de l’école qui abrite aussi la crèche des bébés. Il y a aussi de nombreuses activités pour les distraire: coloriage, peinture, pâte à modeler, des hand puppets. Progressivement, ils commencent à s’adapter », dit-elle.
Une bonne entente institutrices/parents
Katherine Julie, directrice de l’école Super Nanny à Port-Louis, accueillera cette année ses tout petits élèves du pré-primaire, parmi eux ceux qui ont fréquenté sa crèche. « Nous avons lancé l’école maternelle à la demande des parents dont les enfants ont été gardés en crèche pour que le passage en maternelle se fasse plus facilement », dit-elle. Un enfant qui a été à une crèche a déjà connu la vie de groupe et s’adaptera plus facilement. Confier son enfant à une maîtresse, ce n’est pas comme si on lui offrait une deuxième maman, il faut que les parents expliquent à l’enfant qu’à l’école il y a des règles à respecter, comme à la maison. Il faut lui dire que désormais il devra se lever tôt chaque matin pour se préparer, qu’il faut bien respecter les consignes de la maîtresse, et respecter les autres.
Si ces enfants de la crèche Super Nanny vont passer plus facilement à la maternelle, pour un grand nombre, c’est-à-dire les nouveaux, la transition entre maison — surtout après les fêtes — et école sera un moment délicat à gérer. Il serait préférable pour les parents de faire connaissance avec l’institutrice avant la rentrée en présence de leur bambin. Ainsi, il pourra déjà avoir une idée de l’endroit où il sera, de ses futurs terrains de jeux, etc. « En tant que maîtresse, on comprend très bien cette situation, car chaque année on rencontre cela et on est là pour rassurer les parents », dit Katherine Julie. L’accueil de la part de l’institutrice est très important. Les tout petits sont d’abord présentés à la maîtresse et sont accueillis par des bonbons et des jeux, nous précise Katherine et c’est là qu’une rencontre au préalable entre parents et maîtresses est importante. Les parents ayant déjà le programme donneront plus d’assurance à l’enfant en lui disant ce qui l’attend pour ce premier jour.
Souriant et rassurant
Pour le premier jour, le but est de les mettre à l’aise. La séparation doit se faire très en douceur. « Les parents sont là, puis s’en vont discrètement. Au début, bien sûr, c’est l’appréhension, mais on leur demande de nous faire confiance. Pour la rentrée, on a décidé d’accueillir les enfants avec des déguisements des personnages de Mickey. Mais les enfants nous connaissent déjà, car un premier contact s’est fait lors d’une fête le jour de Noël. Ils sont déjà un peu préparés pour la rentrée. Et puis, bien sûr, parmi eux, il y a des enfants de la crèche », dit-elle. « La rentrée à la maternelle est importante, mais il ne faut pas non plus la dramatiser. La première chose est de rassurer l’enfant et non l’inquiéter. Il faut lui expliquer qu’il grandit et que très bientôt il partira à l’école maternelle tout en mettant l’accent sur les nouvelles activités qu’il va découvrir, les nouveaux amis qu’il va se faire. Qu’il y aura des jeux. Il faut lui expliquer ce qu’est l’école, que l’on montre comment écrire, lui donner une notion de la maternelle », nous dit Sabrina. Car c’est aussi une angoisse pour les parents, surtout les mamans. Tout est dans une bonne maîtrise de ses émotions. Plus vous serez tendre, rassurant et souriant, moins votre enfant sera angoissé. Une fois sur place, passez un moment avec lui, mais ne vous attardez pas, c’est le moment de la séparation et en partant faites-lui bien comprendre que vous reviendrez. Il faut qu’il sente que ses parents sont sereins et confiants, dit Sabrina. Un peu de lecture aidera aussi les parents à en savoir plus. Il y a des myriades de livres et de magazines qui traitent de ce sujet et qu’on trouve facilement dans les librairies à Maurice et des recherches sur Internet seront très fructueuses.