Mis sur la touche pour une période de cinq ans pour des raisons déjà évoquées, Roby Bheekary, après deux montes anonymes auparavant, a renoué avec le succès en menant à bon port le favori Secret Idea.
Toutes les conditions étaient réunies pour que le cheval de Preetam Daby enregistre sa deuxième victoire tout en permettant à son jockey de retrouver le sourire : redécouvrir la classe et le parcours où il avait connu son premier succès, une première ligne, une course idéale sur les barres et enfin pour les superstitieux le 11 novembre (11.11) équivalait à la première course, N°1, couloir n°1 et la première de Bheekary ou le seul partant de l’entraîneur Daby. Mais il y avait un seul point d’interrogation : le fitness du jockey mauricien.
Pour Bheekary, ce fut la délivrance une fois la ligne d’arrivée passée en premier. « J’en ai remporté des courses, dont ma première pour feu Serge (Kiki) Henry sur Qui Harbour. C’était à chaque fois une joie indescriptible. Mais samedi dernier, après cinq ans, j’étais tellement ému que je n’ai pas trouvé des mots pour décrire cette joie. J’étais tétanisé. J’ai repensé à ma suspension, aux sacrifices que j’ai dû encourir, à ma famille qui m’a toujours soutenu dans ces moments difficiles. Tout cela est repassé en boucle dans ma tête. J’attendais ce moment depuis longtemps et le plus important c’était de retrouver la compétition avant tout. Après deux montes, j’avais déjà trouvé mes repères et je commençais surtout à retrouver mon racing fitness. »
Justement, bien que n’étant pas fit à 100%, Bheekary a démontré qu’il avait quand même conservé des qualités en remontant Birds Eye View tout en résistant au finish de New Golden Age. « Je le répète : on peut s’entraîner du matin au soir, mais c’est la compétition qui compte avant tout. Pour moi cela faisait cinq ans que je n’avais pas monté en compétition, pas cinq semaines ni cinq mois », insiste-t-il. « Malheureusement, la fin de la saison arrive bien trop vite. Il ne reste que deux journées régulières. »
Pour rappel, c’est le 1er juillet 2016 qu’il a rechaussé les étriers au centre Guy Desmarais à Floreal et sa première prise de contact fut sur Pont d’avignon. Apès avoir purgé une bonne partie de sa peine, il avait auparavant formulé une demande au Licencing Committee du MTC pour convertir les 18 mois restants en suspension, lui permettant ainsi de monter à l’entraînement. Sa demande fut acceptée et il devait n’être au travail qu’à Floréal. 
 
Préparer déjà 2018
 
Ce n’est que cette année qu’il a commencé à exercer au Champ de Mars et il devait faire son retour lors de la journée du Maiden. « À ce sujet, je dois dire un grand merci aux commissaires et à tout le monde au MTC qui m’ont « gracié ». Les commissaires m’avaient au moins laissé monter à l’entraînement et c’était déjà une victoire pour moi. C’est le seul métier que j’ai fait dans ma vie et c’est mon gagne-pain. J’ai bien retenu la leçon et je peux les assurer de mon dévouement », souligne le jockey.
« Une autre personne à qui je dois dire un grand merci c’est Preetam Daby. Déjà, je pilotais ses chevaux lorsqu’il était avec Simon Jones l’année dernière. Quand il a obtenu sa licence d’entraîneur et comme je connaissais ses chevaux, il m’a demandé de venir travailler avec lui. Daby m’a procuré beaucoup de conseils. J’ai beaucoup appris de lui, car c’est quelqu’un qui connaît son métier ayant été jockey lui-même. Il n’a pas hésité une seule seconde pour me confier Secret Idea. Même si c’était le hot favourite de la journée, je n’avais pas de pression, mais je craignais seulement mon fitness. J’ai servi mon intelligence et mon expérience en ne laissant pas Birds Eye View prendre le commandement assez facilement. Je l’ai fait travailler un peu. Si je ne l’avais pas fait, il aurait certainement gagné from start to finish. Mon cheval suivait bien dans le sillage du meneur et comme il n’avait pas encore eu son momentum, j’étais à 75% sûr de l’emporter avant d’aborder le dernier virage. Même si j’ai dû puiser dans mes réserves pour venir à bout du cheval de Rameshwar Gujadhur et celui de Perdrau, seule la victoire est belle à ce moment-là », raconte Bheekary.
Comme il ne reste que deux journées régulières, il espère décrocher d’autres montes et pourquoi pas une autre victoire tout en pensant avant tout à la saison 2018 et à sa forme. « Malheureusement, c’est vrai qu’il ne reste que deux journées. Donc, ce sera difficile de me retrouver à 100% fit. Je ne pourrai pas faire grand-chose, mais si l’occasion se présente, je vais la saisir à deux mains. Mais, pour l’heure, il faut se remettre au travail et préparer déjà la saison 2018 qui va arriver à grands pas pour moi. »