La Cour intermédiaire, division civile, présidée par la magistrate Maryse Panglose-Cala, a donné gain de cause à un retraité du département de la poste, qui a logé une plainte contre un cadre supérieur. Étant un handicapé physique depuis sa naissance, le plaignant a estimé que le comportement de ce supérieur lui a causé un préjudice. La cour ordonne au défendeur de verser Rs 75 000 de dommages au plaignant.
Dans sa plainte, Premnath Burhoo affirme qu’il est un handicapé physique depuis son enfance. Il s’est joint au département de la poste en novembre 1984 en tant que Temporary Postal Officer. Le 18 février 2002, il a été promu comme Postal Executive dans les services postaux. Il souligne qu’il a toujours assumé ses responsabilités au mieux de ses possibilités et a toujours entretenu de bonnes relations avec ses collègues.
Le plaignant soutient qu’en 2008, le défendeur, Rajendra Jebodh, lui a demandé de se porter garant pour un prêt que ce dernier voulait contracter. Premnath Burhoo a refusé. Il pense que depuis son refus, le défendeur lui en veut et qu’il a commencé à le harceler, qu’il a cessé de l’aider au travail, et qu’il ne lui a pas donné à temps les équipements dont il avait besoin pour accomplir sa tâche. Le défendeur aurait même utilisé de termes durs à son endroit, tels que « eta f… », « eta langra », ou encore « you bloody fool… ». De plus, toujours selon la plainte, le défendeur l’aurait tourné en dérision, l’humiliant devant le personnel. Le plaignant avance aussi que le défendeur aurait refusé d’approuver des jours de congé quand il avait à se rendre en pèlerinage à Grand-Bassin. Devant ce qu’il considère être un traitement inhumain, il aurait été contraint à prendre sa retraite. Il a demandé à se retirer le 11 février 2013 et il a quitté le service le 1er mars 2013. Considérant que les illegal acts and doings du défendeur lui ont causé un préjudice, qu’il évalue à Rs 350 000, il réclame un jugement de la cour condamnant le défendeur à lui verser cette somme.
Dans son Plea of Defence daté du 18 mai 2013, Rajendra Jebodh, soutient, lui, qu’il a eu de bonnes relations avec le plaignant, qui a travaillé sous sa responsabilité pendant 16 jours à la section Parcels de la poste, ainsi qu’un jour additionnel à la section de l’Office of Exchange (International Mail Office). Il ajoute que durant 16 jours, après le 21 février 2011, Premnath Burhoo a été muté à la Central Mail Section. Il a nié avoir voulu contracter un prêt et avoir harcelé le plaignant, qui, dit-il, n’a jamais fait de demande d’équipement ou de demande de congé. Il souligne qu’il ne connaît pas les raisons du départ à la retraite du plaignant. Pour lui, « the plaintiff’s cause of action is frivolous », et il demande à la cour de rejeter la plainte avec dépens.
La magistrate a examiné tous les témoignages donnés en cour. Elle rappelle que d’un côté il y a le plaignant, quelqu’un qui depuis sa naissance a un handicap physique, et de l’autre, le défendeur, qui compte 39 ans de service dans le département de la poste. La question est de savoir si le comportement du second à l’endroit du premier nommé, qui était son collègue de grade inférieur, a causé préjudice à ce dernier.
Dans son jugement, la magistrate rappelle que « The plaintiff stated that because he refused to stand as guarantee for a loan for thedefendant in February 2011, the latter started to harass him calling him names such as such as « eta f… », « you bloody fool… » or « eta langra », i.e « boiter », making a mockery of him and humiliating him in front of the staff. He states that, the defendant told him « Aster mo fine gagne ou, M. Burhoo. Aster qui to pou cone kisan la Jebodh »… «Monsieur Burhoo, toi « langra » to pou vine travaille are moi. » The plaintiff maintained the defendant called him : « Eta langra, eta f…, eta dimoune boiter » He felt helpless. He said that they were friends, but their friendship deteriorated when the defendant asked him to guarantee a loan and he refused ».
Après avoir nié dans son Plea qu’il avait l’intention d’emprunter de l’argent, le défendeur a indiqué, souligne la magistrate, qu’il a contracté un prêt en 2009 à l’occasion du mariage de sa fille, pour lequel il a obtenu deux garants. « So this gives credibility to the plaintiff’s version that the defendant was looking for a guarantor for a loan and that the latter’s behavior changed when he turned him down », fait remarquer la magistrate.
Elle conclut en affirmant qu’il y a un certain préjudice causé par le défendeur au plaignant. Toutefois, elle estime que le montant de dommages à être infligé au défendeur devrait être de Rs 75 000.