Firoz Ghanty

Rien ne les arrête, ni l’indécence, ni le respect de soi, même pas la peur du ridicule ! Le père faisait dire qu’il arrivait tout juste après Dieu, aujourd’hui le fils prétend que c’est Dieu qui le défend. Sans aucune honte, il affirme que c’est Dieu qui rend la justice. Est-ce Dieu qui a pris la main des Law Lords pour écrire le verdict ? Stupide ! Bouffonnade ! Et les pseudo-journalistes de la radiotélévision des basses besognes des gouvernements successifs prennent le relais par des micros-trottoirs montés de toutes pièces, avec des fans qui répètent la leçon apprise par cœur, que Dieu protège Pravind Jugnauth. C’est une démonstration éloquente, s’il en fallait une de plus, de ce qu’est cette sous-République !

Chacun son Dieu, l’autre là, l’ancien Premier ministre Ramgoolam, lui aussi se compare aux Dieux. Ce pays, dit résilient, censé être le premier en tout, invente le Premier ministre de Droit Divin ! Combien de temps encore faudra-t-il subir l’indignité et la bêtise de ces dynasties de sous-développés intellectuels ? Comment un croyant peut-il invoquer Dieu dans les affaires de basse politique ? Il n’y a plus de limite aux imbécillités !

Où est la vérité dans ce spectacle pitoyable ? L’affaire MedPoint est une affaire de business politique depuis le début, le verdict ne pouvait être que politique. C’est juste une affaire de rivalités politiques. Est-ce qu’un Premier ministre en fonction peut être condamné par un tribunal, de surcroît une institution de l’ancienne métropole coloniale ? Et ils ont le toupet de parler de décolonisation ! Nous savons que la justice, partout dans le monde, n’est pas la même pour tous.

On détourne l’attention du public pour cacher la récession qui nous guette, la décroissance qui est là. Le pays va mal, très mal, tous les secteurs économiques, le tourisme, le textile, l’industrie en général, comme l’investissement sont en net recul. Le 2e Miracle économique, déjà que le premier est contestable, n’a jamais eu lieu. Toutes les propositions de l’ancien gouvernement, attaquées pendant la campagne de 2014, sont reprises par celui-là. La fourniture d’eau 24/7 que continue de rabâcher Ivan Collendavelloo est un mensonge. La menace de black-out est encore une réalité. L’abysse Terre Rouge-Verdun continue d’engouffrer des centaines de millions de roupies, Nando Bodha continue de répéter ad nauseam que la fin des travaux est pour bientôt. La drogue et les violences sociales gagnent tout le pays, même les collégien(ne)s y participent. La paupérisation atteint des pans entiers de la société.  La police n’inspire plus confiance. Les institutions publiques sont rongées par la corruption et le copinage. Ils continuent de vendre le pays, et nous avec, à des pays étrangers. On ne sait quand auront lieu les législatives… anticipées ? … au cours de cette année ? … au début de 2020 ? Prérogatives constitutionnelles du Premier ministre ! Aberration d’une Constitution dépassée.

Les observateurs politiques s’accordent à dire que Navin Ramgoolam sera le prochain Premier ministre. A-t-on oublié ce qu’il a fait à ce pays ? Les mêmes qui l’ont viré, pour mettre le fils Jugnauth, veulent le faire revenir. La République des pantins, la Démocratie autoritaire, les clans qui se partagent le pouvoir se croient face à un pays vide, où les habitants sont des pions qu’ils font bouger à chaque élection. Ils se foutent du peuple qu’ils traitent comme de la merde. Ils se partagent le pouvoir entre eux depuis plus de cinquante ans. Nous sommes en Dictature molle.

Des dizaines de groupes, de cellules de réflexion, des think-tanks se forment partout dans le pays, le ras-le-bol est dans toutes les conversations, la colère gronde, elle est transversale, elle coupe au travers de toutes les communautés, les castes, les classes, les générations et même parmi les Mauriciens de l’étranger. La participation aux prochaines législatives va encore se réduire et la majorité de ceux qui iront voter, votera encore pour ces ‘fatras’ à la tête du pays depuis plus de cinquante ans, parce qu’ils ont peur d’un changement de société.

Il est temps d’agir ? Il faut retourner à la rue ? Recréer une vague populaire pour les foutre à la poubelle et avancer ? Nous ne sommes pas naïfs, nous savons que beaucoup de Mauriciens sont satisfaits de la corruption, du communalisme, du favoritisme et sont complices du copinage politique. Ils ne sont pas majoritaires.

Répétons-le encore et encore, il faut en finir définitivement avec ces réactionnaires, ces rétrogrades, ces passéistes, ces populistes, ces pourris, ces démagogues, les Ramgoolam, Jugnauth, Bérenger, Duval et les Collendavelloo, Ganoo, Obeegadoo qui attendent dans les couloirs du pouvoir en marge des législatives pour obtenir quelques miettes. Ce pays a besoin d’une révolte populaire pour le nettoyer de la lèpre qui le détruit.

ASSEZ ! Ça suffit ! Nous voulons vivre dans un pays libéré !

Cascadelle,

Ce 5 mars 2019