Ce sont des clichés exclusifs pris par un Mauricien tout content et surpris surtout d’avoir, samedi dernier, croisé le Premier ministre de son pays déambulant comme un simple citoyen dans les rues de Londres. « Relaxed like a man at home », décrit le Mauricien encore tout retourné par son improbable rencontre. Sans protection rapprochée ni accompagnement particulier, ce qui contraste singulièrement avec le déploiement policier ostentatoire avec des agents postés à chaque 100 mètres sur son passage lorsque Navin Ramgoolam circule à Maurice.
S’il n’était pas accompagné, il se déplaçait toutefois dans une belle Rolls Royce à l’immatriculation personnalisée RR 10 RAM conduite par un chauffeur qui l’a attendu après qu’il soit descendu du véhicule avec à la main une belle mallette, ce qui, comme on le voit sur un des clichés, a poussé l’éboueur de service à lui lancer : « How are you Mr Banker ? »
Il se rendait en fait dans une petite boutique aux couloirs étroits, dans la ruexxx, où il a semble-t-il ses habitudes. Notre correspondant, sans doute encore sous le choc, a omis de nous dire s’il est ressorti de la boutique avec ou sans sa malette. Mais passons sur le détail.
Pour rappel, Navin Ramgoolam a quitté le pays le dimanche 30 mars dernier pour participer au sommet UE-Afrique à Bruxelles les 2 et 3 avril. Il a ensuite mis le cap sur Paris puis l’incontournable Londres avant de rentrer au pays le lundi 7 avril.
De ce nième passage dans la capitale britannique depuis qu’il est premier ministre, voilà ce qu’écrit le conseil des ministres de vendredi dernier : « À Londres, le Premier ministre a eu une rencontre sur la question de l’Archipel des Chagos avec M. Philippe Sands, QC, leading counsel. Le Secrétaire au Cabinet et Chef du Service Civil et le Sollicitor General étaient présents, entre autres. Le motif principal de cette réunion était de passer en revue tous les derniers développements par rapport au cas logé par Maurice contre le Royaume-Uni en vertu de la Convention des Nations Unies sur les Droits de la Mer, afin de contester la légalité de la Zone marine protégée que le Royaume-Uni a supposément établi autour de l’Archipel des Chagos. »
Ça doit faire au moins la dixième fois que le Premier ministre doit absolument faire un crochet par Londres pour rencontrer ce Philippe Sands. Heureusement pour lui qu’il y a aussi à Londres d’autres motifs de détente et de relaxation.