Le constructeur chinois EHang a procédé jeudi à Vienne à une première démonstration publique de son taxi-drone, embarquant pour la première fois des journalistes, afin de populariser cette technologie auprès des autorités et des usagers potentiels.

L’EHang 216, un véhicule aérien électrique sans pilote, doit à terme pouvoir transporter deux passagers à basse altitude sur jusqu’à 35 km, et offrir une nouvelle solution de mobilité en zone urbaine, selon ses promoteurs.

La technologie est aujourd’hui prête pour un développement industriel mais ce type d’appareil doit encore être certifié par les autorités aériennes, puis décrocher des autorisations de vol, souligne Derrick Xiong, responsable marketing de la société.

« Notre principal défi n’est pas la technologie, ni la réglementation, c’est le public », à savoir s’il est prêt à utiliser de tels appareils, a-t-il estimé lors d’une présentation à la presse dans la capitale autrichienne.

« Première mondiale », EHang a convié des journalistes, dont un photographe de l’AFP, à effectuer un très court « vol » — une élévation verticale d’une dizaine de mètres, suivie d’un atterrissage au point de départ — dans l’enceinte d’un stade de foot.

Malgré l’absence de certification à ce jour, EHang a recueilli « des milliers » de précommandes et veut faire produire son appareil en série « dès l’année prochaine » par le groupe aéronautique autrichien FACC, selon M. Xiong.

Parmi les premiers clients figurent des « compagnies pétrolières, des sociétés de transport d’organes et des sociétés touristiques », a-t-il détaillé. L’EHang 216 ne sera pas destiné aux acheteurs privés.

Dans la course mondiale au taxi aérien urbain, le projet dispose d’une « large avance sur la concurrence », estime Robert Machtlinger, le PDG de FACC, une société livrant notamment Airbus, Boeing, Bombardier et Embraer.

« Techniquement parlant, il ne s’agit plus d’un rêve, mais d’une réalité. Nous avons déjà réalisé 7.000 heures de vol dont 2.000 habitées », souligne-t-il.

EHang, qui effectue la majorité de ses tests en Chine, a également fait voler un prototype en février 2017 à Dubaï lors d’un essai non-public.

Les constructeurs travaillant sur des projets de taxis volants — dont Airbus, Boeing et l’allemand Volocopter — sont en contact avec les diverses autorités aériennes dont l’EASA européenne, pour obtenir un cadre légal d’opération.

« Des projets de textes réglementaires existent déjà. Mais il ne s’agit ni d’un hélicoptère, ni d’un avion, il faut réussir à qualifier » ces appareils, souligne M. Machtlinger.

La société autrichienne compte produire 300 exemplaires d’ici mi-2021, a-t-il précisé.