Avoué, mère d’une fille qui a rejoint elle aussi la profession légale, chanteuse par passion pour sa culture et sa foi, adepte d’aérobic, médiatrice de formation, membre influente dans le clergé de l’église anglicane et pour couronner le tout membre de la Mother’s Union. Certains n’hésiteront pas à dire que c’est la maman parfaite, mais Damree Hilda Yerriah se définit avant tout comme une passionnée. «Tout ce que j’ai fait dans la vie jusqu’à présent je l’ai fait par passion. C’est la ligne conductrice et si je ne suis pas motivée je ne peux pas agir», dira d’entrée celle qui veut qu’on l’ appelle Hilda, «puisque c’est ainsi que je suis mieux connue» et qui est dans la course pour une place comme membre du board des Administrateurs du Mauritius Turf Club (MTC).
«Imaginez-vous un seul instant que ce club n’a jamais eu de femme membre sur le board de la direction?», s’interroge la candidate qui, de par le fait qu’elle a signé sa lettre de candidature pour les élections de ce vendredi a écrit une nouvelle ligne dans le livre sacré du MTC et si d’aventure elle est élue vendredi, c’est une bien belle page d’histoire qu’elle écrira. «On n’est malheureusement pas encore arrivé à ce stade, mais après coup, je vous avoue que je suis bien contente d’être cette première femme de tenter ce que nulle autre avant moi n’avait osé. Élue ou pas ce vendredi, j’aurai la fierté d’avoir été celle qui a ouvert une porte pour les autres», a rencheri Hilda Yerriah.
Agée de 57 et mère d’une fille avocate, Gayle, Hilda Yerriah est une dame qui a connu d’abord le fond avant de connaître les joies de son métier d’avoué qu’elle a appris à la force de son poignet et de son courage. «Tout ce que j’ai eu dans la vie c’est à la force de mon courage et de ma persévérance dans le travail. Personne ne m’a fait de cadeau et je suis assez heureuse et fière de dire que j’ai beaucoup bossé avant d’arriver là où je suis», raconte Hilda Yerriah qui  fait de la médiation la nouvelle arme professionnelle. En effet, celle qui est en lice pour un poste d’Administrateur pour le MTC est membre certifiée de l’Institute of Chartered Arbitrators de Londres et de la Chambre d’Arbitrage et de Médiation. Un plus dans son CV où, il faut reconnaître, est vide de toute expérience hippique.
Ses preuves comme administratrice
«Je ne cache pas que mon expérience du monde hippique  n’est pas aussi importante que celle des autres candidats qui sont en lice. Depuis deux ans, je siège sur le comité disciplinaire du MTC et je dois vous avouer qu’en ces deux ans, j’ai beaucoup appris. Mais laissez-moi aussi vous dire que je suis candidate pour un poste d’Administrateur du MTC et non au sein du board des commissaires de course qui, comme vous le savez fonctionne indépendamment du board des Administrateurs. Dans le domaine de l’administration, j’ai fait mes preuves et je peux même vous dire que j’ai une solide expérience. Je crois qu’en matière légale, je suis un tout pour mon Club dont je suis membre depuis 2007», avance la candidate.
Cette dernière laisse même comprendre que le fait qu’elle soit une femme n’est ni un avantage ni un désavantage. «J’ai eu l’occasion et c’est encore le cas de travailler sur le board où je suis la seule femme. Quand votre compétence est prouvée et que vous agissez en respectant les règles, il ne doit pas y avoir de problème. Je suis d’avis que le board des adminisrtateurs n’est pas un board de macho et que ce sont des gentlemen qui savent respecter les femmes», avoue Hilda Yerriah qui veut être celle qui va ouvrir une porte pour les autres.