Délaissant son discours officiel, le ministre de l’Environnement, Alain Wong, a fait un émouvant plaidoyer pour le respect et la préservation de nos lagons. C’était hier au Cinéma Star de Bagatelle, dans le cadre de la grande première de Vey Nou Lagon, un documentaire de Zara Currimjee et Vanina Harel. Nageur émérite, Alain Wong a déjà effectué à la nage en juin 1999, le tour de l’île par étapes.
Délaissant son discours officiel, le ministre de l’Environnement, Alain Wong, a fait un émouvant plaidoyer pour le respect et la préservation de nos lagons. C’était hier au Cinéma Star de Bagatelle, dans le cadre de la grande première de Vey Nou Lagon, un documentaire de Zara Currimjee et Vanina Harel. Nageur émérite, Alain Wong a déjà effectué à la nage en juin 1999, le tour de l’île par étapes.
« Nous avons détruit nos lagons par cupidité et par gourmandise », a d’emblée lancé Alain Wong. « Cupidité, parce que nous ne savions pas que les ressources de la mer étaient épuisables. Gourmandise, parce qu’avec la croissance économique, nous avons continué à organiser de nombreuses activités dans nos lagons. Si nos plages sont aujourd’hui érodées, c’est parce que nous n’avons plus de barrières coralliennes pour les protéger ».
Pour démontrer l’ampleur de cette dégradation, le ministre a cité les noms pittoresques de poissons aujourd’hui disparus : “lamamm”, “barbe”, “ziblo”, “ourit disab”, “lezar”, “zwit darzan”. « À Poste-de-Flacq, là où se trouve aujourd’hui l’hôtel St Géran, on plongeait les yeux fermés pour remonter de gros coraux avec 200 “zwit darzan” », se rappelle-t-il. Et Alain Wong de demander : « Quel est celui parmi vous qui laisserait son hors-bord au garage pour ne pas polluer le lagon ? Qui est ce pêcheur qui ne pousserait pas sa “gal” (long baton) dans le lagon pour éviter de détruire les coraux ? »
Le ministre de l’Environnement a alors plaidé pour des mesures afin de protéger les ressources marines. « Le gouvernement doit prendre de courageuses initiatives aujourd’hui ». Parmi ces mesures : la création de voies navigables balisées. « Les bateaux ne peuvent naviguer n’importe où », a-t-il martelé, avant de saluer la valeur éducative du documentaire de Zara Currimjee et Vanina Harel (voir encadré).
Ce qu’a également fait le ministre de l’Économie océanique, Prem Koonjoo, en accueillant leur décision de projeter le documentaire à travers l’île. Prem Koonjoo devait dès lors plaider pour davantage de sensibilisation de la population à la protection des ressources marines.
Le Secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), Jean-Claude de l’Estrac, a de son côté vanté les mérites de la fermeture du lagon à Rodrigues. Il a exhorté les pêcheurs mauriciens à suivre l’exemple de leurs confrères rodriguais.
Auparavant, Zara Currimjee et Vanina Harel ont présenté leur documentaire. « Notre océan fait partie de notre existence, notre histoire et notre culture. Notre économie en dépend. Nous sommes deux jeunes Mauriciennes, témoins de la dégradation de nos lagons au fil de ces récentes années », a expliqué Vanina Harel. « Nous souhaitons tous que notre océan redevienne sain, regorgeant des poissons d’autrefois et de coraux en pleine santé. Par le biais de notre site, nous faisons un appel à l’action pour agir tous ensemble afin de restaurer la santé et la productivité de nos océans. Nous avons besoin de vous », a pour sa part plaidé Zara Currimjee.
Vey nou lagon est un court-métrage qui s’inspire de la vie d’un pêcheur mauricien artisanal et de sa famille. « Par leurs récits, ils nous font découvrir les lagons mauriciens et ainsi prendre conscience de la dégradation qui s’y opère », ont ajouté les deux réalisatrices.