La colère ne faiblit pas du côté des enseignants de langues orientales dans le secondaire. La constitution des panels pour la rédaction des manuels est vivement contestée. Des protestations ont été faites auprès du ministère de l’Éducation. Les enseignants regrettent que le « socioculturel ait été privilégié au détriment de la pédagogie ». Ils dénoncent également des cas de « conflits d’intérêts ». Ce que dément la directrice du MGI, qui a la responsabilité de cette tâche.
Le ministère de l’Éducation est en présence de plusieurs lettres d’enseignants de langues asiatiques, disant leur mécontentement sur la manière dont les panels pour l’élaboration des manuels du secondaire ont été constitués. Après avoir dénoncé le manque d’expérience de certains, ils ciblent l’amalgame entre le socioculturel et la pédagogie. « Sur le panel de télougou, par exemple, il y a une personne qui est enseignante depuis janvier de cette année seulement. Mais il s’avère qu’elle appartient également à la Speaking Union. Est-ce que c’est son expérience en tant que pédagogue qui a été privilégiée ou y a-t-il eu d’autres considérations ? », se demandent ces enseignants.
Ces derniers réclament ainsi que le ministère de l’Éducation assume la responsabilité des langues asiatiques, au lieu de confier la tâche au Mahatma Gandhi Institute (MGI). « Il y a eu également des cas flagrants de conflits d’intérêts, notamment sur le panel d’hindi. On y retrouve, entre autres, l’épouse d’un Senior Lecturer du MGI, ainsi que l’épouse du directeur d’une université publique. Or, il s’avère également que le président de ce même panel est également Lecturer à cette même université », déplorent les enseignants.
Vikash Ramdonee, président de la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU), lui-même membre du panel d’hindi, dit comprendre la frustration des contestataires. « Si on veut que le niveau des langues asiatiques progresse, il faut faire les choses de manière professionnelle. Le syndicat demande une enquête approfondie dans cette affaire. Il y a des personnes avec 20 ans de service qui n’ont pas été retenues. »
Sollicitée sur la question, Soorya Gayan, directrice du MGI, rejette les accusations formulées et avance que tout a été fait dans la transparence. Elle précise que c’est le ministère de l’Éducation qui a donné au MGI la responsabilité de l’élaboration des manuels de langues asiatiques. « Le ministère a fait un appel parmi les enseignants du secondaire au niveau des collèges d’État, privé et ceux sous la responsabilité du MGI. Un certain nombre de candidatures a été reçu pour chaque langue. À la suite de cela, nous avons fait un exercice de sélection. Il y a d’abord le panel de sélection lui-même, présidé par le coordonnateur du MGI. Il y avait trois autres membres, dont un représentant de la Quality Assurance du ministère, un autre représentant désigné par le ministère, avec des connaissances spécialisées dans la langue en question et la personne qui coordonne le projet pour la langue spécifique au MGI. Tout ceci a été fait avec l’aval du ministère. »
Quant à savoir quels sont les critères pris en considération lors de la sélection, elle avance que dans les grandes lignes c’est : « Connaissance de la langue, compétence en communication et connaissance en matière de technologie informatique. Pour chaque langue, il y a eu quatre personnes qui ont été désignées pour la rédaction des manuels. Cette liste a par la suite été communiquée au ministère de l’Éducation ».
Répondant aux allégations de conflits d’intérêts, Soorya Gayan dit que le MGI suit strictement les recommandations de la commission anticorruption. « Il y a une définition très claire de l’ICAC par rapport au lien de parenté. Cela est respecté par le MGI dans tous les panels. Quelqu’un qui a un parent comme candidat ne fait pas partie du panel ».
Concernant la personne incriminée et qui aurait des liens avec une université, Soorya Gayan précise : « Je ne vois pas du tout de qui on veut parler ». De même pour l’enseignante qui vient d’entrer en fonction, la directrice du MGI précise « qu’il n’y a personne avec un an d’expérience ».
Pour ce qui est des critiques formulées sur le choix du MGI pour la responsabilité des manuels, Soorya Gayan ajoute : « L’institut a un School of Indian Studies qui est spécialiste dans le domaine des langues indiennes. C’est intéressant aussi de faire ressortir que la responsabilité du MGI en matière de formation pour les enseignants de langues orientales remonte aux années 70 ».
Elle ajoute qu’à l’époque, il y avait encore le Teachers’ Training College qui s’occupait de la formation des enseignants de General Purpose. « Aujourd’hui, pour cela c’est le MIE, tandis que le MGI continue avec la formation pour les langues asiatiques. C’est une expérience qui remonte à quasiment 50 ans. Nous dispensons des cours en collaboration avec l’Université de Maurice, au niveau de BA et MA. Nous avons des collègues qui supervisent les thèses de doctorat. Pour moi la question ne se pose pas. De plus, le MGI est placé sous l’égide du ministère de l’Éducation. »