Des travaux sur la plage publique de Casuarina soulèvent depuis un moment des craintes quant à leur nature, mais surtout au sujet de l’appropriation du domaine public. Les forces vives et ONG de la région se mobilisent pour alerter les autorités concernées, plus particulièrement la Beach Authority, et réclament la réhabilitation de cette plage.
La petite plage publique située en face de l’hôtel Casuarina est sujette depuis quelques semaines à des travaux. Des témoins affirment y avoir vu des pelleteuses à l’oeuvre depuis le début de l’année. Un constat des lieux permet de certifier l’absence de panneaux d’information quant à la nature des travaux en cours et le nom du promoteur. Des palmiers ont été plantés, des cocotiers déplacés et un compteur de la Central Water Authority (CWA) installé. Cette plage, restreinte en termes d’espaces, est par ailleurs très fréquentée par les pique-niqueurs, résidents des bungalows et hôtels à proximité, les touristes, mais aussi par les dévots de foi hindoue lors de la fête Ganga Asnan.
Le Mouvement solidarité de Trou-aux-Biches et des ONG dénoncent une « tentative d’accaparer cette plage » qui, rappellent-ils, relève du domaine public. La présence de pelleteuses sur cette plage a éveillé des doutes parmi les habitants de la région et ceux qui se sentent concernés par les travaux en cours. Ces derniers ont entrepris les démarches auprès des autorités, telles que les collectivités locales, en vue de dénoncer la situation.
« La plage relève du domaine public. Si on compte morceler toutes les plages publiques, cela ressemblera à la situation des marchands ambulants à la rue Farqhuar, à Port-Louis : un jour, on risque de ne plus être en mesure de les faire partir », explique Jackie Alexandre, vice-président du Mouvement solidarité de Trou-aux-Biches.
Par le biais d’une pétition, le Mouvement solidarité de Trou-aux-Biches sollicite l’intervention de la Beach Authority en vue de réclamer la réhabilitation de la plage et la doter de facilités infrastructurelles adéquates telles des kiosques, bancs et toilettes publiques, cela tout en préservant son cachet naturel et exotique.
Dans une pétition adressée à la Beach Authority, les contestataires écrivent : « Nous tenons à être informés officiellement de la nature des travaux qui y sont entrepris actuellement par ce promoteur inconnu. Faute de quoi, nous n’aurons d’autre choix que de prendre une position ferme pour dénoncer les agissements de ce promoteur, le silence des autorités concernées et alerter l’opinion publique. »
Interrogé ce matin, l’initiateur de ce projet, Richard Paulose, qui a pour intention de monter un commerce de boissons non-alcolisées, de sorbets et de glaces, affirme détenir une trade license de la Beach Authority. Il dit de ne pas comprendre les contestations. Il affirme avoir saisi une business opportunity dans la région vu le manque de services de restauration. Les travaux en cours depuis trois semaines, explique notre interlocuteur, sont des travaux d’embellissement de la plage, dont un permis lui a été accordé par la Beach Authority le 27 décembre 2012. « Si vous voulez manger dans un espace propre et agréable, il est normal de procéder à l’embellissement de celui-ci », estime Richard Paulose.
Sollicité pour une déclaration, le directeur de la Beach Authority, Subash Seeruttun, a confirmé que, d’une part, une hawkers licence a été accordée à Richard Paulose et, d’autre part, que l’autorité a accordé son feu vert pour l’embellissement de la plage en vue de lui permettre de planter des plantes et des cocotiers.