Une lueur d’espoir s’est installée à l’Université de Maurice depuis la nomination d’un visiteur sur le campus, Dev Manraj. En effet, les concernés se disent heureux de pouvoir faire part enfin de leurs doléances de manière légitime, surtout après la campagne de communication muselée de ces derniers temps. D’ailleurs, malgré la date butoir de ce vendredi 30 pour la soumission des documents, certains ont déjà adressé leur memorandum sur les lacunes, selon elles, de cette institution tertiaire. Centralisation du pouvoir, exercice de promotion, gagging sont les mêmes griefs qui reviennent sur le tapis.
La volonté politique de faire de Maurice un pôle d’excellence en matière d’études supérieures contraste avec les récentes secousses que connaît depuis quelque temps le tertiaire. Une certaine morosité règne sur le campus de l’Université de Maurice depuis plusieurs semaines en dépit des élections il y a quelque temps de l’Union des Étudiants, événement grandement attendu par ces jeunes. L’Université de Maurice, la plus ancienne université publique du pays, compte environ 12 000 étudiants, ce qui en fait l’institution universitaire la plus importante en taille et en potentiel humain. Mais elle souffre d’un déficit d’image, malgré l’excellente réputation de certaines facultés. Depuis presqu’un mois, l’espoir de revoir du changement est de retour sur le campus avec la nomination de Dev Manraj en tant que visiteur de l’institution. Ce dernier a la mission de faire la lumière sur les différents problèmes qui ont frappé l’institution, et depuis plusieurs semaines, ceux concernés ont été appelés à déposer. La liste des doléances est longue et ce sont les mêmes griefs qui reviennent sur le tapis. Si certains estiment que c’est avec l’arrivée du nouveau vice-chancelier que les choses se sont détériorées sur le campus de Réduit, beaucoup n’hésitent pas à dire que la gestion de l’Université de Maurice est souvent l’otage de forces politiques. L’absence de volonté des autorités pour réformer l’Université de Maurice est une fois de plus décriée, et ceux qui ont déposé s’attendent à ce que la situation à l’UoM se décante avec le rapport Manraj. Une fois prêt, le rapport sera soumis au Premier ministre qui le communiquera au Council. La date butoir pour présenter un mémorandum est ce vendredi 30.
Entre-temps, la liste des plaintes enregistrées est longue. Parmi, l’exercice de promotion qui a récemment fait polémique ainsi que l’exercice d’appel d’offres pour deux nouveaux postes de Pro Vice-Chanceliers, qui est clos depuis plus d’un mois alors que le Conseil n’arrive toujours pas à mettre la main sur « the right candidate ». Cependant, nous apprenons que peu de personnes auraient manifesté leur intérêt pour travailler avec le nouveau vice-chancelier. À ces failles s’ajoute un autre gros problème, celui de l’absence de décentralisation de l’institution et de ses locaux, à l’heure où le nombre d’employés et d’étudiants au sein du campus ne fait qu’augmenter. Cette obstination pour que le pouvoir reste centralisé uniquement au sein de l’administration de l’institution a choqué plus d’un, à un tel point que le plan de restructuration approuvé par le Chairman de l’UoM Council, le Pr Soodursun Jugessur, a été mis au placard. Tout le personnel enseignant et non enseignant de l’établissement de Réduit s’attend à ce que le rapport Manraj puisse faire justice au plan de restructuration qui a été préparé en vue d’apporter du changement après quarante ans au sein de l’institution.
C’est également au niveau des appels d’offres, de la gestion des services aux étudiants que certains se posent des questions : « Comment expliquer que ce soit toujours la même personne, à la tête de plusieurs entreprises et proche des partis au pouvoir, qui remporte les appels d’offres ? » Le rapport du visiteur Dev Manraj sera ainsi un document qui aura toute son importance en attendant le rapport de l’audit de la Tertiary Education Commission qui tarde à venir, bien qu’il soit prêt depuis presqu’un mois.