Le Mauritius Africa Business Club (MABC), association de chefs d’entreprise ayant pour but de contribuer à une meilleure compréhension du climat des affaires en Afrique, a fait vendredi dernier, au siège du cabinet de BDO, une présentation des perspectives d’investissement au niveau continental et des procédures à suivre pour réaliser ces investissements.
Le MABC avait fait appel à trois de ses fondateurs, en l’occurrence Amédée Darga, président d’Enterprise Mauritius, Rama Sithanen, ancien ministre des Finances et président de l’International Financial Services et du Rwanda Development Board, et Afsar Ebrahim, Deputy Group Managing Partner de BDO, pour animer cette rencontre avec un bon nombre de représentants d’entreprise. Les trois intervenants ont chacun abordé des thèmes différents afin de guider les participants dans leurs choix d’investissements.
Un communiqué émis par le cabinet BDO indique qu’Amédée Darga a expliqué la méthodologie pour l’évaluation des risques liés à l’investissement en Afrique et du rapport risques/bénéfices selon les régions ou pays. Le président d’Enterprise Mauritius a parlé des enjeux démographiques, des religions, des ethnies, des civilisations et de leurs articulations dans les sphères de gouvernance, l’objectif étant d’expliquer pourquoi certaines régions sont plus conflictuelles que d’autres. Les participants ont pu, à travers cette présentation, « se faire une idée plus claire des régions d’Afrique où il est plus intéressant d’investir en termes de stabilité politique et sociale », ajoute le communiqué.
Rama Sithanen s’est, lui, attardé sur les opportunités d’investissements en Afrique, continent qui, dit-il, est souvent considéré comme un plan B par plusieurs personnes et qui offre des possibilités d’investissement différentes et qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs. Il a mis l’accent sur le bon choix des secteurs dans lequel l’entrepreneur mauricien souhaite investir. Pour lui, les ressources naturelles et l’agriculture présentent des opportunités intéressantes. Maurice, observe-t-il, possède de gros avantages par rapport aux pays occidentaux. « Maurice n’a pas de passé colonial en Afrique », fait-il comprendre, et n’est pas, par ailleurs, considéré comme un « big brother ». Le pays, selon lui, est très apprécié comme un cas de réussite économique et sociale réalisée sans autres ressources que le capital humain. Beaucoup de pays africains, ajoute-t-il, ne sont donc pas réticents à l’investissement des Mauriciens dans leurs pays. Rama Sithanen s’est aussi appesanti sur la proximité géographique entre Maurice et le continent, ce qui permet de faciliter les échanges.
Afsar Ebrahim, un des dirigeants de la firme BDO qui a une présence importante en Afrique, a parlé du fonctionnement du monde des affaires en Afrique à travers ses expériences personnelles. Il a fait état des erreurs commises par des investisseurs dans leur façon de procéder sur les marchés africains. Afsar Ebrahim, indique le communiqué, est d’opinion que le principe de contrôle des sociétés (acquisition de 51 % de l’actionnariat) doit être revu, l’investisseur devant plutôt accorder une plus grande attention au contrôle économique. L’intervenant estime que « la crédibilité de Maurice n’est pas acquise sur le continent et qu’il est donc indispensable de faire preuve de beaucoup d’humilité et de comprendre les valeurs et la culture locales ». Afsar Ebrahim a évoqué les difficultés rencontrées par des sociétés mauriciennes au niveau de l’embauche de ressources humaines locales, nombre de Mauriciens ne souhaitant pas aller travailler en Afrique.
Par ailleurs, notant le vif intérêt démontré par des entrepreneurs locaux pour ce type d’atelier, le MABC envisage d’organiser une nouvelle session le 22 avril prochain.