Il est vrai que, année après année, dans ses prévisions à long terme fondées sur les analyses de données climatiques recueillies, les services de météorologie de Maurice prévoient l’évolution dans la région en été d’une dizaine de dépressions, tempêtes ou cyclones tropicaux. Toutefois, selon ce qu’on a pu observer jusqu’ici, c’est que la présente saison cyclonique serait une des plus actives qu’on est vécu et, surtout, que l’intensité de ces phénomènes dangereux à de quoi donner des frissons!
Depuis le début de la présente saison cyclonique, soit en novembre dernier, la région météorologique du sud-ouest de l’océan Indien — région qui part de la longitude 80° Est, dans le milieu de l’océan et qui se termine sur les côtes est du continent Afrique — a déjà subi quatre systèmes dont deux, Bansi et Eunice, ont atteint leur stade de développement maximal de cyclones très intenses (soit 7.0 + sur une échelle qui compte 8 points).
Des quatre systèmes, Diamondra aura été le plus faible. En voie de comblement très loin au sud-sud-est de Maurice, il n’a pu se développer au-delà du stade de tempête tropicale modérée. Comparé à Bansi et Eunice, Chedza (le quatrième de la saison) classé forte tempête tropicale alors qu’il traversait Madagascar d’ouest en est aura, certes, été aussi d’une intensité inférieure. Néanmoins, il a fait plus d’une… soixantaine de morts dans la Grande île, des milliers de sans-abris et d’énormes dégâts matériels.
Et, ce qui n’est pas pour rassurer, une saison cyclonique, généralement, dure jusqu’à la fin d’avril (souvenons-nous toujours du cyclone tueur du 29 avril 1812 qui avait causé plus de 1200 morts à Maurice !).
Fort heureusement, ce qui est réconfortant, c’est que, au fur et à mesure que leur intensité s’aggrave (possiblement sous l’effet des changements climatiques notés ces dernières années), la science et la technologie permettent de plus en plus également de mieux comprendre le mécanisme des cyclones et, ainsi, de mieux préparer les populations pour en affronter les dangers. Nous publions dans le cadre de cet article trois photos de satellites qui ont aidé à traquer Bansi, Diamondra et Eunice qui rôdaient dans nos parages.
La photo no. 1 est considérée comme rarissime par la communauté scientifique internationale. Prise de nuit, le 18 janvier dernier par l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti depuis la Station spatiale internationale (l’ISS), cette photo montre un éclair illuminant le mur de l’oeil du cyclone Bansi. Ce cyclone très intense, rappelons-le, a presque frôlé Rodrigues heureusement sans y faire de pertes humaines. L’astronaute avait également saisi une autre image lorsque la station spatiale se trouvait directement sur l’oeil du cyclone (photo no. 2). 
La photo no. 3 est un montage effectué par la NASA américaine, jeudi dernier, alors que Diamondra et Eunice sévissaient en même temps dans l’océan Indien. La NASA dispose effectivement à bord de ses satellites Aqua et Terra d’instruments désignés sous l’appellation MODIS (Moderate resolution imaging spectroradiodiameter). Les deux satellites tournent en orbite autour de la Terre l’un derrière l’autre et leurs photos respectives ont été assemblées pour refléter le panorama de l’océan Indien de ce 18 janvier. Ces photos ont ainsi permis aux météorologues du Joint Typhoon Warning Center (basé dans le Pacifique) de prévoir qu’Eunice allait s’intensifier davantage avec des rafales atteignant 315-320 kilomètres à l’heure en faisant ainsi un des cyclones les plus puissants à évoluer dans notre région.
La photo no. 3, prise par le site FNMOC, vendredi matin, montre Eunice passant loin au nord-est de Rodrigues. C’était, pour dire le moins, impressionnant et, surtout, effrayant !
La chance est que Bansi et Eunice n’ont touché aucune île sur leur trajectoire.