Le président du Comité Olympique Mauricien n’en démord pas. La section 11 du nouveau Sports Bill qui a été voté mardi dernier à l’Assemblée Nationale est sa nouvelle bête noire et il ne compte pas rester les bras croisés. «Le mouvement sportif est désormais entré dans une ère d’étatisation et mon devoir à moi, en ma capacité de président du Comité Olympique Mauricien, c’est de lutter contre cette tentative pour l’indépendance et l’autonomie des fédérations. J’irais très loin s’il le faut.» Les paroles de Philippe Haon Thyn Voon n’est pas prononcé sur une saute d’humeur et le moins qu’on puisse dire c’était même prévisible. Puisque depuis que le texte de loi de Devanand Ritoo a été rendu, le président du COM n’a pas cessé de mener combat contre cette clause qui rend obligatoire à un club d’avoir l’assentiment du ministre avant de pouvoir aller chercher un certificat de reconnaissance du Regristrar of Associations.
Sans doute le fait que l’opposition, y compris le Leader Paul Bérenger, a été très critique envers le ministre sur cette section de la loi donne de l’eau au moulin de Philippe Hao Thyn Voon. A Week-End hier matin qui l’interrogeait sur le What Next après que la loi Ritoo a été voté, il répond: «Je pense et je penserai toujours que cette clause a été mise pour avoir un contrôle absolu sur les fédérations. Si c’est le ministre qui donne sa permission à un club d’exister, il doit donner le droit à une fédération d’avoir des membres. Imaginez le contraire, c’est à dire le jour où le ministre décide de ne pas donner le droit à un club d’exister pour une raison ou une autre», soutient le président du COM.
Pour ce faire, Philippe Hao Thyn Voon dit n’avoir pas abandonné son combat sur le plan international. «Je suis en contact permanent avec l’ACNOA et des fédérations comme le volley-ball sont aussi en contact avec leur fédération internationale. On verra bien jusqu’où ces consultations iront. Pour ma part, j’espère que ce sera mon droit de contester cette clause, comme celle qui touche les fédérations, en cour Suprême», dira notre interlocuteur, qui parle « du pouvoir du ministre de donner la vie et la mort à un club ou une fédération.»
Le président du COM ne conteste pas uniquement la section 11 du Sports Bill, il existe aussi que le ministre «pourrait aller jusqu’à choisir une personne pour participer à l’assemblée du COM après les amendements qui ont été apportés. Tout cela est dangereux pour l’autonomie des fédérations qui est garantie par la Charte Olympique .» Il avance aussi qu’une fois de plus le ministre n’a pas respecté la feuille de route du CIO sur cette question.
Si la feuille de route est respectée
Interrogé sur la demande formulée par le groupe de Jean-Michel Giraud pour que le COM organise très vite une assemblée générale élective après que la nouvelle loi a été présentée, Philippe Hao Tyn Voon précise que: «c’est pas moi qui ait décidé de ne pas organiser l’assemblée générale d’avril dernier. Moi j’étais partant en dépit des conditions difficiles, mais le CIO en avait décidé autrement.» Pour le président du COM, il n’existe aucun problème pour organiser cette assemblée qui a été réclamée lors d’un point de presse vendredi. «Mais avant toute chose, Jean-Michel Giraud ne doit pas jouer à l’ignorant et bien lire la feuille de route du CIO. Je suis disposé à organiser cette assemblée, même sans ces cinq nouvelles fédérations si la feuille de route est respectée et si le CIO me donne un avis favorable. S’il y a une demande du groupe Giraud, nous allons considérer», précise-t-il.