Julian Assange, lanceur d'alerte à l'origine de WikiLeaks, a été arrêté par la police britannique à l'ambassade d'Ecuador à Londres (Source : AFP)

L’Equateur a décidé « de manière souveraine » de retirer l’asile diplomatique au fondateur de WikiLeaks Julian Assange, arrêté jeudi à Londres, a annoncé sur Twitter le président équatorien Lenin Moreno.

« L’Equateur a décidé de manière souveraine de retirer l’asile diplomatique à Julian Assange pour avoir violé à plusieurs reprises les conventions internationales et le protocole de cohabitation », a écrit Lenin Moreno, qui justifie sa décision dans une vidéo de trois minutes accompagnant son message sur le réseau social.

« J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit », assure le président équatorien.

« Durant six ans et 10 mois, le peuple équatorien a garanti les droits humains de M. Assange et a couvert ses besoins quotidiens dans les installations de notre ambassade à Londres », ajoute M. Moreno, estimant que « l’Equateur a rempli ses obligations dans le cadre du droit international ».

Mais « la patience de l’Equateur a atteint ses limites », ajoute-t-il, arguant de « violations répétées des dispositions des conventions sur l’asile diplomatique » par Julian Assange, dont « la règle de non intervention dans les relations entre Etats ».

« L’attitude irrespectueuse et agressive de M. Julian Assange, les déclarations discourtoises et menaçantes de son organisation envers l’Equateur ont fait que la situation est arrivée à un point où l’asile (…) est insoutenable et invivable », explique le chef de l’Etat.

Changement de président et d’attitude envers Assange

M. Moreno soutient que le fondateur de WikiLeaks a en outre « installé des équipements électroniques non autorisés, bloqué les caméras de sécurité de la mission équatorienne à Londres, agressée et maltraité des gardes, accédé sans autorisation à des archives de sécurité de l’ambassade ».

Depuis l’arrivée au pouvoir de Lenin Moreno en mai 2017, le traitement accordé à Julian Assange a changé. L’actuel président a revu quasiment toutes les politiques de son prédécesseur Rafael Correa, dont son positionnement critique envers les Etats-Unis, et a accusé le fondateur de WikiLeaks de s’immiscer dans les affaires internes de l’Equateur.

Le président Moreno, qui a qualifié Julian Assange de « caillou dans le soulier » de la diplomatie équatorienne, avait coupé temporairement ses télécommunications en 2018.

Julian Assange s’est réfugié dans l’ambassade en 2012 pour éviter d’être extradé vers la Suède, où une femme l’accusait de viol, un dossier depuis classé sans suite. L’avocate de la plaignante a annoncé jeudi qu’elle allait demander au Parquet la réouverture de l’enquête.

Le fondateur de WikiLeaks était resté reclus dans l’ambassade, craignant d’être extradé vers les Etats-Unis pour la publication de milliers de documents confidentiels par son site. La police britannique a annoncé jeudi qu’il avait été arrêté au terme « d’une demande d’extradition » des autorités américaines, et d’un mandat britannique de 2012 pour non présentation à la justice dans l’affaire suédoise.

Source : AFP