Dans un entretien à bâtons rompus que le président du COM a accordé à Week-End hier en fin d’après-midi, Philippe Hao Thyn Voon se défend de vouloir changer les résultats des votes pour l’AG élective avec la participation de cinq nouvelles fédérations. Il avance aussi avoir les moyens de prouver les ingérences externes.
Philippe Hao Thyn Voon dans un communiqué émis vendredi, le COM évoque  des «ingérences externes» pour justifier le renvoi de l’assemblée générale élective. Pouvez-vous être plus précis sur ces ingérences?
— La Charte Olympique stipule qu’un comité national olympique doit pouvoir fonctionner loin des soucis financier, politique, religieux et communal. C’est à dire qu’un COM et ses membres doivent être totalement indépendants des forces et des pressions externes. Je m’étendrai pas sur la situation dans laquelle se retrouvent aujourd’hui  certains membres de mon comité pour m’avoir accordé un soutien sans faille. Par contre je ne pouvais pas rester les bras croisés et laisser faire certaines personnes dont l’unique but est de me déloger comme président du COM. Le comité a pris cette décision en son âme et conscience et j’ai averti les instances appropriées de notre décision.
— Mais repousser la date des élections ne veut pas dire que «les ingérences externes» que vous metionnez vont disparaître. N’est-ce pas plutôt, Philippe Hao Thyn Voon, une tentative de «buying time» comme le disent vos adversaires?
— Je m’attendais à ce genre de commentaires ou de coups sous la ceinture. Je ne suis pas en train de «buying time», je veux juste que chaque dirigeant de fédération puisse faire un choix en toute indépendance. Par contre, je vous dirai aussi que je peux prouver les «ingérences externes» dont je fais mention.
Puisque nous y sommes pourquoi évitez- vous à vider votre sac?
— Des dirigeants m’ont confirmé comment des pressions ont été exercées sur eux soit pour  retirer leur candidature pour cette assemblée générale soit de  m’accuser de pratiquer la corruption. Je ne n’étonne pas de lire dans la presse ce matin (ndlr: hier) qu’on m’accuse  d’un nombre incalculable de choses. Mais comme le dit l’adage chaque chose en son temps. En temps et lieu les masques vont tomber . Et on verra bien qui à tort et qui a raison.
Philippe Hao Thyn Voon vous parlez  «d’ingérences externes», vous voulez nous faire croire que pour être élu président du COM vous n’essayez pas d’influencer certains dirigeants sportifs en votre faveur?
— Moi je ne menace pas les dirigeants sportifs sur leur vie professionnelle, ni je n’utilise ma position sociale pour changer une candidature. Toute vérité n’est pas bonne à dire, car mes adversaires savent de quoi je parle. J’influence les gens par rapport au projet que j’ai pour le comité olympique. Allez demander à tous ceux qui sont venus à la réunion que j’ai faite il y a deux semaines de quoi j’ai parlé. Ils peuvent tous vous confirmer que j’ai pas dit un mot sur l’adversaire. Nous n’avons que parlé des projets que nous avons pour le COM. Les commissions qui doivent être mises en place. Les considérations qu’il faut donner aux sports collectives. Les projets de développement, comme la création d’un Trust. C’est de cette façon que j’influence les gens.
Vous avez quand même surpris tout le monde avec l’arrivée en lice de 5 nouvelles fédérations. M. Hao Thyn Voon, n’est-ce pas une démarche pour changer les résultats de ces élections qui étaient presque connus?
— Tout le monde à Maurice sait que nous vivons dans un état de droit et que par ailleurs des fédérations dite olympiques ont des droits selon la Charte Olympique. Selon cette même Charte, elles sont membres à part entière une fois qu’elles ont obtenu leur affiliation de leur Fédération Internationale. Ce qui est le cas des cinq fédérations. Personnellement, je crois que c’est une bonne chose que de grandir le mouvement sportif mauricien.
— Philippe Hao Thyn Voon, avez-vous le droit de le faire? Ce n’est pas changer les règles du jeu alors que la compétition a déjà commencé?
— Le comité olympique a le devoir de reconnaître ces fédérations et de leur donner leur droit. Puis l’assemblée générale du COM n’est pas une compétition.
Dans une plainte logée par Alain St-Louis, ce dernier affirme que trois présidents de ces cinq fédérations sont liés professionnellement avec vous…
— Premièrement j’ai pas encore eu le plaisir de prendre connaissance de cette plainte. Puis c’est une action en cour et que je suis une des parties il n’est pas très correct pour moi de commenter sur ce que vous dites. Attendons que l’affaire soit appelée en cour pour que nous sachions qui dit vrai et qui dit des mensonges.
Est-ce que vous avez financé  la création de ces fédérations?
— Cela fait des années que j’aide les fédérations et les sportifs. Lorsque des gens sont venus me voir pour réclamer mon aide pour lancer une discipline à Maurice j’ai pas dit non.
Il n’aurait pas été plus approprié d’attendre que ces sports soient lancés à Maurice et qu’elles deviennent des National Federations avant que le COM leur accorde un full membership?
— Vous allez être étonné de voir à quelle vitesse ces disciplines se propageront à Maurice, en particulier l’escrime dont une Mauricienne est en train d’être formée au Sénégal et un expert de la fédération internationale qui sera bientôt à Maurice.
Est-ce que l’organisation de l’AG du 4 avril est remise en question?
— Pas du tout. La cour décidera sur la plainte de M. St-Louis. Il y aura un expert légal d’une fédération internationale qui viendra voir dans le cas de Doreen Tiborcz et Nunkishor Fakun qui statuera sur leur légitimité.