La Commission de l’océan Indien a, par le biais de son secrétaire général, estimé la semaine dernière que le premier tour de la présidentielle malgache a été « libre, transparent, fiable et crédible ». Intervenant lors d’une conférence de presse, Jean-Claude de l’Estrac affirme que « les lacunes constatées ne sont pas de nature à remettre en question le résultat et la fiabilité du système électoral ».
La Commission de l’océan Indien (COI) a dépêché une délégation d’une vingtaine d’observateurs de ses pays membres pour le premier tour de la présidentielle malgache. L’ancien président de la République de Maurice, Karl Offmann, n’a pu faire le déplacement pour des raisons personnelles et s’est désisté. C’est Serge Clair, le Chef Commissaire de Rodrigues, qui a été choisi pour le remplacer.
Les conclusions de cette délégation de la COI, ainsi que celles de l’ensemble des missions d’observation nationales et internationales, sont unanimes : les élections ont été « libres, transparentes, fiables et crédibles ». Parmi ces organisations, on compte notamment l’Union européenne, l’Union africaine et le système des Nations unies. « Ce consensus, pour plusieurs centaines d’observateurs étrangers, 5 000 observateurs malgaches et 20 000 bureaux de vote, est un excellent signal pour la suite des élections », a expliqué Jean-Claude de l’Estrac. Le Secrétaire général de la COI insiste sur le fait que la situation malgache est « extrêmement importante » pour Maurice « compte tenu des relations intenses, culturelles, commerciales et politiques » entre nos deux pays.
Certes, a-t-il observé, ces élections ont aussi permis de dévoiler quelques faiblesses et interrogations. « Certains électeurs n’ont pas voté parce qu’ils n’étaient pas inscrits sur les listes ou par scepticisme, parfois aussi parce qu’ils n’avaient pas de carte d’identité. Mais ces lacunes, affirme Jean-Claude de l’Estrac, ne sont pas de nature à remettre en question le résultat et la fiabilité du système. » Il s’est par ailleurs prononcé contre toute tentative de changer la liste électorale afin d’inclure ceux qui n’avaient pu se faire enregistrer à temps. « Cela risque de compliquer les choses car on ne change pas les règles du jeu alors que le processus électoral est en cours. Le premier tour et le second font partie d’un même processus. Tout changement constituerait une entorse, tant sur le plan juridique que sur celui de la démocratie et de l’éthique. »
D’autre part, à la suite de la remise des rapports des organisations, des questions ont émergé concernant la source de financement des participants, dont certains ont bénéficié d’importants moyens. Cependant, a expliqué le secrétaire général de la COI, la loi malgache ne plafonne pas le budget d’une campagne. Aussi, l’interrogation ne porte pas sur l’aspect légal, mais plutôt sur l’égalité des chances dans la course électorale.
Finalement, Jean-Claude de l’Estrac a  souligné qu’on ne peut parler à ce stade de « retard » dans le dépouillement de votes. La loi électorale prévoit en effet une dizaine de jours pour cette opération de grande envergure, qui doit aboutir à la proclamation du vainqueur. Les premiers résultats pourraient être connus dans le courant de la semaine prochaine. Jean-Claude de l’Estrac s’est réjoui que  le président de la Haute autorité de transition malgache, Andry Rajoelina, ait demandé aux électeurs de respecter la décision des urnes. Ce qui indique un signe positif d’apaisement.
Par ailleurs, la COI participera à une conférence mondiale consacrée à l’économie bleue du 8 au 14 novembre. Jean-Claude de l’Estrac a été invité à s’exprimer sur ce dossier dans le contexte de la mondialisation et à présenter le rôle de la région océan Indien. Il profitera de son séjour en Chine pour se rendre à Pékin et pour poursuivre les négociations sur le transport maritime et l’éventuelle création d’une compagnie de cabotage dans la région indianocéanique.
Une délégation de la COSCO, compagnie chinoise menée par son vice-président exécutif, a effectué une visite au siège de la COI en juin dernier, durant laquelle elle avait montré un vif intérêt dans ce projet. « Il s’agit d’une des plus importantes compagnies de transport maritime mondiales. La COI est à présent en mesure d’apporter des éléments supplémentaires ainsi qu’un rapport d’étude. Le dialogue ne se limitera cependant pas à cette unique compagnie, d’autres opérateurs seront consultés, avec l’aval de nos pays membres », a lancé Jean-Claude de l’Estrac.
Cette visite en Chine est aussi l’occasion d’entretenir les excellentes relations qui existent entre le gouvernement chinois et la COI. La Chine apporte en effet son appui au niveau du renforcement des capacités du Secrétariat général de la COI et cette dernière souhaite pérenniser cette relation afin d’obtenir une meilleur prévisibilité de ce soutien.
Après la connectivité maritime, la connectivité numérique pourrait être un sujet de dialogue productif. La Chine fait en effet partie des Brics, groupe des pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ce groupe a ainsi annoncé un important projet qui nous intéresse de près : l’installation d’un câble de 34 000 km reliant l’ensemble des pays des Brics, ce qui représente, pour l’Indianocéanie, et compte tenu de son retard global en la matière, une immense opportunité en termes de connexion au très haut débit.
M. De l’Estrac a aussi annoncé que la COI recevra à Ébène les secrétaires généraux des organisations régionales, les hauts officiels des pays d’Afrique subsaharienne, orientale et australe et de l’océan Indien, ainsi que les représentants de la Commission européenne pour la prochaine réunion du Comité interrégional de coordination (CIRC). Cette réunion fait suite aux négociations de Bruxelles, en septembre, sur la formulation du prochain Fonds européen de développement (FED).