Après cinq années de crise politique au plus haut niveau de l’État, Madagascar complétera en fin de semaine son retour sur la voie démocratique avec l’investiture du président Héry Rajoanarimamapianina (Rajoa), le 11e président élu de la Grande Ile. En cette fin de semaine devront intervenir deux événements majeurs, soit la passation de pouvoirs, prévue vendredi, entre l’ancien président de Madagascar et son successeur, et, samedi, la cérémonie officielle d’investiture, se déroulant au stade national de Mahasima, dans la capitale malgache. Maurice, qui s’est engagée de manière systématique dans le processus du retour de la Grande Ile sur la voie de la démocratie, sera représentée au plus haut niveau de l’État.
Des sources bien renseignées à l’hôtel du gouvernement confirment qu’en l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam – qui participe actuellement au sommet du World Economic Forum à Davos, en Suisse –, le Président de la république, Kailash Purryag, effectuera le déplacement à Antananarivo pour assister à l’entrée en fonction formelle du nouveau président malgache. Il devra quitter Maurice demain pour rallier la capitale malgache le même jour. Avec ce déplacement officiel à l’étranger, la suppléance à la State House devra être assurée par la vice-présidente, Monique Ohsan Bellepeau.
De son côté, le leader de l’opposition et leader du MMM Paul Bérenger prévoit également de participer aux manifestations officielles marquant l’entrée en fonctions du président Héry Rajoanarimamapianina. Il devra quitter le pays avant la fin de la semaine alors que le secrétaire de la Commission de l’océan Indien Jean-Claude de l’Estrac a déjà confirmé, par voie de communiqué, sa présence à Madagascar.
Cette forte présence mauricienne se justifie par l’intérêt stratégique que représente Madagascar dans la géopolitique de cette partie de l’océan Indien. Il y a également dans la Grande Ile d’importants intérêts économiques et d’affaires de Maurice dans différents domaines, avec une coopération entre Antananarivo et Port-Louis appelée à épouser de nouvelles dimensions renforcées.
Cette cérémonie d’investiture à la tête de l’État malgache sera également marquée par la présence d’une série de personnalités politiques internationales, et ce même si le sommet de l’Union africaine pourrait jouer les trouble-fête, freinant du même coup le déplacement d’autres chefs d’État et de gouvernement du continent africain. Néanmoins, la presse malgache de ce matin confirme la venue du président de la Namibie, Hifikepunye Pohamba, en sa qualité de président de la troïka de la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe).
La France a annoncé qu’elle dépêchera une délégation menée par la ministre de la Francophonie Yamina Benguigui, alors que, dans un premier temps, il était question que Paris soit représentée par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Le président de la Région Réunion, Didier Robert, devra également faire le saut à Madagascar pour les événements de fin de semaine.
Néanmoins, la confirmation officielle de la date de la cérémonie d’investiture de samedi devra être communiquée incessamment part la Haute Cour Constitutionnelle de Madagascar. Dans une dépêche ce matin, Radio-France Internationale, citant le ministre malgache de la Communication Harry-Laurent Rahajason, rappelle que « Madagascar étant une nation souveraine, il appartient à la Haute Cour constitutionnelle malgache d’organiser et de fixer cette date d’investiture, et à personne d’autre ».