L’économie mauricienne pourrait croître à un taux de 3,9 % en 2015, indique le groupe de la Banque mondiale dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques mondiales publié cette semaine. Ce rapport souligne que la croissance en Afrique subsaharienne va tourner autour de 4,6 % cette année après les 4,5 % enregistrés en 2014 alors que l’économie mondiale devrait enregistrer un taux plus élevé que celui de l’année écoulé, soit environ 3 % contre 2,6 %.
Tout comme le Fonds monétaire international dans son rapport intitulé World Economic Outlook rendu public en octobre 2014, la Banque mondiale (BM) anticipe une croissance de 3,9 % de l’économie mauricienne cette année après les 3,4 % (estimation) de 2014. La BM s’attend à ce que pour les deux années subséquentes, la croissance économique de Maurice soit de l’ordre de 3,7 %. Le premier rapport 2015 de la BM sur les Perspectives économiques mondiales fait également état des prévisions concernant l’évolution des comptes courants de la balance des paiements. La BM estime que le déficit devrait continuer de baisser, passant de 10,8 % du Produit intérieur brut en 2014 à 10 % en 2015, 9,4 % en 2016 et 8,7 % en 2017.
Le rapport fait ressortir que la croissance en Afrique subsaharienne n’a connu qu’une légère augmentation en 2014 pour atteindre 4,5 %, reflétant ainsi le ralentissement de plusieurs grandes économies de la région, dont l’Afrique du Sud. La croissance dans cette région, ajoute la BM, « devrait stagner autour de 4,6 % en 2015 en raison notamment des faibles prix des produits de base, avant de se hisser à 5,1 % en 2017, grâce à des investissements dans l’infrastructure, à l’augmentation de la production agricole et à l’essor du secteur des services ». Les perspectives, ajoute l’institution financière de développement, « sont soumises à d’importants risques à la baisse découlant de la nouvelle épidémie d’Ébola, de violentes insurrections, de la baisse des prix des produits de base et de la volatilité des marchés financiers mondiaux ».
Un relevé des performances attendues cette année du groupe de pays faisant partie de la région d’Afrique subsaharienne montre que les dix meilleurs résultats en termes de taux de croissance seraient réalisés par les pays suivants : Côte d’Ivoire (8,5 %), Mozambique (8 %), République Démocratique du Congo (7,8 %), Éthiopie (6,9 %), Rwanda (6,5 %), Kenya (6 %), Niger (6 %), Burkina Faso (5,5 %), Gabon (5,5 %) et Nigeria (5,5 %).
Pour ce qui est de l’économie mondiale, la publication semestrielle de la BM prévoit qu’elle va croître de 3 % cette année par rapport à 2,6 % en 2014. La performance pourrait grimper à 3,3 % en 2016 avant de se replier légèrement à 3,2 % en 2017. La croissance des pays en développement, qui s’est chiffrée à 4,4 % en 2014, devrait se poursuivre pour atteindre 4,8 % en 2015, puis 5,3 et 5,4 % en 2016 et 2017 respectivement.
« Dans cet environnement économique incertain, les pays en développement doivent judicieusement déployer leurs ressources pour soutenir les programmes d’action sociale, en ciblant particulièrement les pauvres et en menant des réformes structurelles investissant dans les ressources humaines », a déclaré Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale, à la sortie du rapport. Ce dernier a fait comprendre, par ailleurs, qu’il est également essentiel que les pays lèvent tous les obstacles inutiles à l’investissement du secteur privé, rappelant que « ce dernier est de loin la première source d’emplois et peut à ce titre aider des millions de personnes à sortir de la pauvreté ».
À la BM, on soutient que la fragile reprise mondiale s’inscrit dans un contexte de tendances de plus en plus divergentes, qui auront d’importants impacts sur la croissance mondiale. On fait remarquer que l’activité aux États-Unis et au Royaume-Uni s’accélère grâce à l’amélioration des marchés de l’emploi et à des politiques monétaires extrêmement accommodantes. Mais, ajoutent les spécialistes, « la reprise a piétiné dans la zone euro et au Japon, où la crise financière se fait toujours sentir ». S’agissant de la Chine, on a noté un ralentissement maîtrisé, avec une croissance en perte de vitesse bien que robuste de 7,1 % cette année contre 7,4 % en 2014 et de 7 % en 2016. Il est estimé, par ailleurs, que la chute du prix du pétrole fera des gagnants et des perdants.