Le taux de croissance économique sera cette année plus élevé (4,1%) que celui de l’année dernière (3,5%). C’est ce que prévoit Statistics Mauritius, qui vient de rendre public son tableau de bord sur l’évolution de l’économie nationale en 2014. Statistics Mauritius anticipe une relance de l’investissement privé (+ 1,7%) après une contraction de 8,4% en 2013. Presque tous les secteurs enregistreront une croissance plus importante en 2014, celui de la construction devant rebondir après quatre années de repli.
L’estimation d’un taux de croissance de 4,1% cette année est basée, selon Statistics Mauritius, sur les performances sectorielles suivantes :
a) Secteur agricole/pêche : un taux de 6,1% contre 3,9% en 2013; la production sucrière pourrait avoisiner les 410 000 tonnes (sucres raffinés et spéciaux), ce qui résulterait en une progression de 1,9% de ce sous-secteur après un recul de 1,7% en 2014; pour le reste du secteur agricole, un taux d’expansion de 7,5% est prévu par rapport à 6,5% l’année dernière, et ce grâce à une meilleure performance du secteur de la pêche.
b) Secteur manufacturier : croissance de 2,5% en 2015 contre 2,2% en 2014; l’activité d’usinage du sucre croîtra d’environ 2%, mieux qu’en 2014 (+ 0,6%); le sous-secteur de production alimentaire devrait réaliser une croissance de 2,5% alors que celui du textile pourrait afficher un taux de 2%, contre 1% en 2014; on s’attend également à ce que les entreprises tournées vers l’exportation améliorent leur performance (+ 1,7%, contre 0,3% l’année dernière).
c) Secteur de la construction : rebond de 3,3% après quatre années consécutives de contraction; cette croissance positive serait attribuable aux grands projets publics en cours (extension et renforcement du Mauritius Container Terminal et Bagatelle Dam), ainsi qu’aux gros chantiers annoncés dans le discours du Budget (station de traitement de Bagatelle, réfection du réseau routier, amélioration du système de distribution d’eau, travaux d’infrastructure à Agaléga, projets IRS/RES et autres méga projets du secteur privé).
d) Secteur touristique-restauration : croissance d’environ 5,4% basée sur des arrivées touristiques de l’ordre de 1 100 000 en 2015, contre 1 038 968 en 2014, et de recettes de Rs 48,5 milliards, soit Rs 4,2 milliards de plus que l’année précédente.
e) Secteur des TIC : taux de croissance de 7% prévu en 2015, contre 6,4% en 2014.
f) Services financiers : croissance stable à 5,4% cette année.
Les anticipations de Statistics Mauritius concernant l’investissement sont qu’une relance devrait s’opérer en 2015. Tenant en compte les mesures annoncées dans le Budget, la valeur des investissements cette année se monterait à Rs 81,3 milliards, soit une hausse de 9,9% en termes nominaux alors qu’en termes réels, une croissance de 6,7% est indiquée. Excluant l’achat d’avion et de bateau, la croissance se situerait à 8,6% en 2015 après un recul de 5,3% l’année dernière. Le taux d’investissement passerait de 19,2% à 19,7%.
Statistics Mauritius fait ressortir que l’investissement privé repartira en 2015 avec une progression de 1,7% en termes réels après une contraction de 8,4% en 2014. L’investissement du secteur public prendra également l’ascenseur (+ 21,4%, par rapport à + 1,8% en 2014). Les investissements dans les bâtiments résidentiels, incluant ceux du secteur privé dans les IRS/RES et autres appartements, enregistreront un taux de croissance à deux chiffres (12,4%). Les dépenses de consommation des ménages et du gouvernement vont, en 2015, croître à un taux de 3,2%, soit un niveau plus élevé que celui de 2014 (2,9%). L’épargne domestique brute augmentera  également, passant à 11,8% du PIB (aux prix du marché) par rapport à 11,5% en 2014.
Par ailleurs, dans sa revue de la performance économique du pays en 2014, Statistics Mauritius rapporte un taux de croissance de 3,5%, contre 3,2% en 2013. Elle souligne cependant que l’investissement total a diminué de 6%, l’investissement privé plongeant de 8,4% après le repli de 2,8% de 2013. Quant à l’investissement public, une petite reprise (+ 1,8%) avait été notée après le recul de 4,9% de l’année précédente.